HYROX

Tirage de traîneau : les quatre exercices qui transfèrent

Le tirage de traîneau est plus technique que physique chez la plupart des pratiquants. Les quatre exercices à programmer, et la position qui fait gagner du temps.

Andy Poiron, fondateur et coach d'A.WAY à Quetigny
Andy Poiron ·5 min de lecture
Tirage de traîneau à la corde pendant une séance de préparation HYROX au studio A.WAY à Quetigny, près de Dijon.

Le tirage de traîneau est l’atelier où l’on observe les écarts les plus spectaculaires entre deux pratiquants de niveau physique comparable. Deux personnes capables des mêmes charges au rowing peuvent afficher plus d’une minute d’écart sur les cinquante mètres.

L’explication tient rarement à la force. Elle tient à la technique, à la position du corps et à la capacité à enchaîner les tirages sans temps mort. Cela ne dispense pas de renforcer la musculature concernée, mais cela indique par où commencer.

Ce que l’atelier demande vraiment

Le dos et les biceps produisent le tirage proprement dit.

Les fessiers et les ischio-jambiers interviennent dès que vous vous appuyez sur vos jambes pour reculer, ce qui est le cas dans la plupart des techniques efficaces.

Les quadriceps participent à la position basse et au maintien.

La préhension est le maillon qui cède en premier chez beaucoup de pratiquants, avant même que le dos ne soit sollicité à son maximum.

La répartition exacte dépend de la façon dont vous tirez. C’est pourquoi il est utile de fixer sa technique avant de construire le renforcement autour.

1. Le rowing TRX

Ce que c’est. Suspendu à des sangles, corps incliné, vous tirez votre poitrine vers les poignées.

Où ça sert. L’intérêt est évident dès qu’on regarde la position : le corps incliné vers l’arrière, en appui sur les pieds, tirant vers soi, reproduit presque exactement la posture du tirage de traîneau. C’est un exercice de position autant qu’un exercice de force.

Comment le doser. Séries de dix à quinze répétitions, en jouant sur l’inclinaison du corps pour ajuster la difficulté. Plus vous êtes horizontal, plus c’est dur.

Le piège. Laisser le bassin s’affaisser. Le corps doit rester en ligne, gainé, du talon à la tête. Un bassin qui tombe transforme l’exercice et supprime le transfert.

2. Le rowing Pendlay

Ce que c’est. Un rowing barre où chaque répétition repart du sol, buste à l’horizontale, avec une intention de vitesse sur le tirage.

Où ça sert. Il développe la puissance de tirage plutôt que le volume musculaire. C’est le choix pertinent ici : sur le traîneau, ce qui compte est la capacité à produire une force élevée rapidement, plusieurs fois de suite, pas la taille du dos.

Comment le doser. Douze à quatorze répétitions, avec une charge qui permet de conserver la vitesse d’exécution. Dès que le tirage ralentit visiblement, la série est terminée.

Le piège. Le transformer en rowing lent et lourd. Vous ferez peut-être de meilleurs chiffres, mais vous entraînerez autre chose.

3. Le soulevé roumain

Ce que c’est. Charnière de hanche jambes peu fléchies, barre ou haltères qui descendent le long des cuisses, dos gainé.

Où ça sert. Il construit la chaîne postérieure, particulièrement les ischio-jambiers. Cette musculature intervient sur le tirage de traîneau, mais aussi sur le rameur, sur les fentes chargées et sur la course elle-même. C’est l’un des exercices au meilleur rendement global de la préparation HYROX.

Le piège. Confondre charnière et squat. Le mouvement part des hanches qui reculent, pas des genoux qui plient. Si vous sentez surtout vos cuisses avant, ce n’est pas un soulevé roumain.

4. Le tirage en squat à la poulie

C’est l’exercice le plus spécifique des quatre, et le plus rarement programmé.

Ce que c’est. Face à une poulie basse, vous enchaînez une descente en squat, une extension des jambes, un tirage vers vous, puis un retour à la position de départ.

Où ça sert. Le cycle reproduit celui de l’atelier : descendre, tirer, reculer, recommencer. Vous entraînez la coordination entre les jambes et le dos, qui est précisément ce qui manque quand un pratiquant fort au rowing reste lent sur le traîneau.

Comment le doser. Douze à quinze répétitions, en cherchant à conserver le même rythme d’un bout à l’autre de la série.

Comment organiser une séance tirage

  • A. Rowing Pendlay. 4 séries de 12 à 14 répétitions, vitesse conservée.
  • B. Soulevé roumain. 3 à 4 séries, charge adaptée à votre niveau.
  • C. Tirage en squat à la poulie. 3 séries de 12 à 15 répétitions.
  • D. Tirage de traîneau. 6 fois 25 mètres à la charge de compétition.

À retenir

  • Sur cet atelier, la technique précède la force. Fixez votre position avant d’augmenter les charges.
  • Cherchez l’explosivité, pas l’hypertrophie. Un rowing rapide sur douze à quatorze répétitions bat un rowing lent et lourd.
  • La préhension cède souvent en premier. Elle se travaille séparément, et le bénéfice se retrouve sur le port de charge.
  • Le soulevé roumain sert partout. Tirage, rameur, fentes, course : c’est l’exercice le plus rentable de la préparation.

Chez A.WAY, à Quetigny près de Dijon

Au studio A.WAY, nous commençons systématiquement par choisir une technique de tirage adaptée au gabarit et à la mobilité de la personne, puis nous construisons le renforcement autour de cette technique. L’ordre inverse produit des athlètes forts qui restent lents sur cet atelier, ce que nous voyons régulièrement chez des pratiquants venus d’autres pratiques.

Cet accompagnement vient en complément de votre suivi médical, jamais à sa place : avant un effort intense comme HYROX, demandez un avis médical, surtout en cas d’antécédent au dos. Pour compléter, voyez la poussée de traîneau et le travail sur une jambe, les 8 ateliers expliqués et les 5 mouvements de force qui comptent.

Sources et références

Les principes évoqués ici (transfert du travail de force, spécificité du geste, vitesse d’exécution) s’appuient sur des travaux reconnus. Ils ne remplacent pas un avis médical :

  • Rønnestad B.R., Mujika I. (2014). Optimizing strength training for running and cycling endurance performance: A review. Scandinavian Journal of Medicine and Science in Sports, 24(4), 603-612.
  • Wilson J.M. et al. (2012). Concurrent training: a meta-analysis examining interference of aerobic and resistance exercises. Journal of Strength and Conditioning Research, 26(8), 2293-2307.
  • Davids C. et al. (2025). A Performance Analysis of HYROX: A Review of the Physiologic, Mechanical, and Technical Demands.
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Questions fréquentes

Le tirage de traîneau, c'est du dos ou des jambes ?

Les deux, et la répartition dépend de votre technique. Un tirage où le corps recule en s'appuyant sur les jambes sollicite fortement les fessiers et les ischio-jambiers. Un tirage réalisé bras tendus depuis une position basse fait davantage travailler le dos. Les deux approches fonctionnent, à condition d'entraîner la musculature correspondante.

Pourquoi mes avant-bras lâchent-ils avant mon dos ?

Parce que la préhension est souvent le maillon faible. Elle se travaille séparément, avec des maintiens de charge lourde et des suspensions à la barre. C'est le même facteur limitant que sur le port de charge, ce qui rend ce travail doublement rentable.

Faut-il faire du rowing lourd ou des séries longues ?

Les deux ont leur place, mais l'explosivité prime sur l'hypertrophie pour cet atelier. Un rowing type Pendlay, réalisé sur douze à quatorze répétitions avec une intention de vitesse sur chaque tirage, prépare mieux le geste qu'un rowing lent orienté prise de masse.

A.WAY · Quetigny, près de Dijon

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Andy Poiron, fondateur et coach d'A.WAY à Quetigny
Écrit par

Andy Poiron

Fondateur et coach, A.WAY Quetigny

Andy a fondé A.WAY à Quetigny en 2012, le plus ancien studio de coaching de la métropole dijonnaise. Coach sport et nutrition, il accompagne particuliers, sportifs et dirigeants vers une transformation durable, autour de quatre piliers : entraînement, nutrition, sommeil et gestion du stress.

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