Mental

Trop d'informations santé : le problème n'est plus de savoir, c'est de trier

Podcasts, réseaux, applications : jamais autant de conseils santé, jamais autant de confusion. Comment trier l'information et passer à l'action.

Andy Poiron, fondateur et coach d'A.WAY à Quetigny
Andy Poiron ·8 min de lecture
Trier l'information santé avant d'agir, studio A.WAY à Quetigny, près de Dijon.

Vous savez probablement déjà qu’il faudrait mieux manger, bouger davantage, dormir suffisamment et mieux gérer votre stress. Pourtant savoir tout cela ne veut pas dire que vous le faites. C’est l’un des paradoxes de l’époque : nous n’avons jamais eu accès à autant d’informations sur la santé, et rarement autant de confusion.

Mangez plus de protéines. N’en mangez pas trop. Jeûnez le matin. Prenez absolument un petit-déjeuner. Évitez les glucides. Mangez plus de glucides. Faites 10 000 pas. Entraînez-vous intensément. Réduisez votre cortisol. Au milieu de tout ça, une question légitime : qu’est-ce que je suis censé faire, concrètement ?

La surcharge d’information est un phénomène documenté

Ce n’est pas une impression. La revue de portée de Khaleel et ses collègues, publiée dans Patient Education and Counseling, a examiné la littérature consacrée à la surcharge d’informations de santé, c’est-à-dire la situation où la quantité ou la complexité des informations disponibles dépasse la capacité d’une personne à les traiter efficacement.

Le problème n’est pas seulement le volume. C’est la coexistence, dans le même flux, d’informations exactes, d’informations incomplètes, d’opinions présentées comme des faits, de conseils sortis de leur contexte et parfois d’informations franchement erronées. L’Organisation mondiale de la Santé utilise le terme d’infodémie pour décrire cette surabondance, y compris d’informations fausses ou trompeuses, et la confusion qu’elle génère.

En nutrition, c’est particulièrement visible. La revue systématique de Denniss, Lindberg et McNaughton, publiée en 2023 dans Public Health Nutrition, a analysé 64 études évaluant la qualité et l’exactitude des informations nutritionnelles publiées sur des sites et des réseaux sociaux. Près de la moitié des études rapportaient une qualité faible, et une proportion comparable une exactitude faible. Les auteurs notent que les contenus des réseaux sociaux sont particulièrement concernés.

Cela ne veut pas dire que tout ce que vous voyez est faux. Cela veut dire qu’avoir accès à plus d’informations ne garantit pas de prendre de meilleures décisions.

Les cinq filtres avant de croire un conseil santé

Qui parle ? Quelle est la compétence de cette personne sur le sujet précis abordé ? Être expert dans un domaine ne rend pas expert dans tous les domaines de la santé. Un excellent préparateur physique n’est pas automatiquement compétent sur la thyroïde.

La source est-elle citée ? Méfiez-vous des formules du type « des études prouvent que », sans jamais dire lesquelles. Une affirmation sérieuse peut être reliée à des données vérifiables. Si personne ne cite rien, il n’y a rien à vérifier.

Association ou causalité ? Deux phénomènes associés ne signifient pas que l’un provoque l’autre. C’est la source la plus fréquente de mauvaise interprétation des études observationnelles, et la plus exploitée dans les contenus à sensation.

Est-ce présenté comme universel ? Très peu de recommandations complexes en santé sont valables pour tout le monde. L’âge, l’état de santé, les traitements en cours, le niveau d’activité et les objectifs modifient ce qui est pertinent.

Informer ou provoquer ? Soyez prudent avec les formulations absolues : cet aliment détruit votre santé, ne mangez jamais ceci, les médecins vous cachent cela, cette méthode fonctionne pour tout le monde. Une affirmation spectaculaire est excellente pour capter l’attention. Ce n’est pas une preuve.

Signal de prudenceCe que ça devrait déclencher
« Des études prouvent que » sans référenceChercher la source avant d’y croire
Un seul aliment présenté comme responsableRegarder le schéma alimentaire global
Une méthode qui marche pour tout le mondeSe demander si elle s’applique à votre situation
Un ton alarmiste ou complotisteRedoubler de vigilance sur les sources
Une corrélation présentée comme une causeVérifier le type d’étude

Savoir n’a jamais suffi

Faites l’expérience. Demandez à cent personnes ce qui est globalement meilleur pour la santé : dormir cinq heures par nuit ou dormir suffisamment avec des horaires réguliers. Rester assis toute la journée ou bouger régulièrement. Manger principalement des produits très transformés ou construire une alimentation équilibrée.

La grande majorité répondra correctement. Le problème fondamental n’est donc presque jamais « je ne sais pas quoi faire ». Il ressemble plutôt à « je sais globalement quoi faire, mais je n’y arrive pas régulièrement dans ma vraie vie ».

Cette distinction change tout, parce qu’elle change la solution. Si le problème était un manque de connaissances, une vidéo de plus le résoudrait. Comme c’est un problème d’exécution, une vidéo de plus ne fait qu’ajouter du bruit. Les interventions qui modifient durablement l’alimentation ou l’activité physique ne reposent d’ailleurs pas uniquement sur la transmission d’informations : elles mobilisent la définition d’objectifs, la planification, l’auto-observation et le retour d’information.

La question qui remplace toutes les autres

Avant de regarder une nouvelle vidéo santé, d’acheter un complément ou de démarrer un protocole, posez-vous cinq questions. Quel problème précis j’essaie de résoudre. Ai-je déjà identifié les comportements de base qui y contribuent. Est-ce que je les applique assez régulièrement pour pouvoir les évaluer. Cette nouvelle information va-t-elle réellement modifier une décision. Et surtout la cinquième :

Ai-je besoin d’une information de plus, ou d’aide pour appliquer ce que je sais déjà ?

Dans la grande majorité des cas, la réponse est la seconde. C’est précisément le sujet de notre guide pour changer ses habitudes sans compter sur la motivation : construire un système d’exécution plutôt qu’accumuler des connaissances.

Deux profils, une différence

Imaginez deux personnes. La première connaît énormément de choses : elle écoute plusieurs podcasts par semaine, suit trente comptes spécialisés, maîtrise le vocabulaire du microbiote, de la variabilité cardiaque et de la chronobiologie. Mais son quotidien reste chaotique. Elle dort à des horaires irréguliers, ne sait jamais ce qu’elle va manger le soir, reste assise toute la journée, et démarre un nouveau protocole toutes les trois semaines.

La seconde en sait beaucoup moins. Mais elle prépare quelques repas à l’avance, dispose de trois ou quatre plats simples qu’elle sait refaire, a ses entraînements dans son agenda, marche tous les jours et suit deux ou trois indicateurs. Une fois par semaine, elle fait le point et ajuste.

Laquelle progresse ? La seconde, et pas parce qu’elle en sait plus. Parce qu’elle a réduit la distance entre savoir et faire.

Les réflexes à garder en tête

  • Volume. Plus d’informations ne veut pas dire de meilleures décisions. Souvent, c’est le contraire.
  • Qualité. Près de la moitié des études évaluant l’information nutritionnelle en ligne rapportent une qualité ou une exactitude faible.
  • Cinq filtres. Qui parle, quelle source, association ou causalité, est-ce universel, informer ou provoquer.
  • Exécution. Le blocage est rarement le savoir. Il est presque toujours dans la répétition au quotidien.
  • Actionnabilité. Si une information ne change aucune décision, elle n’a pas besoin de votre attention.

Chez A.WAY, on ne vend pas de l’information

Au studio A.WAY à Quetigny, près de Dijon, notre valeur n’est plus de vous transmettre des connaissances. Vous les trouverez gratuitement en dix secondes. Elle est d’identifier vos priorités, de transformer une recommandation générale en plan concret adapté à votre semaine, de suivre ce qui se passe réellement et d’ajuster quand ça bloque.

Chacun son rôle : un coach sportif ne remplace pas un médecin, un médecin ne remplit pas le rôle d’un diététicien, et une application ne remplace pas un professionnel qualifié quand une prise en charge individualisée est nécessaire. L’enjeu est d’utiliser le bon niveau d’accompagnement pour le bon problème. Cet accompagnement vient en complément de votre suivi médical, jamais à sa place. Pour compléter, voyez les quatre piliers de la santé durable.

Sources et références

Les principes cités ici (surcharge informationnelle, qualité de l’information en ligne, changement de comportement) s’appuient sur des travaux reconnus. Ils ne remplacent pas un avis médical :

  • Khaleel I. et al. (2020). Health information overload among health consumers: A scoping review. Patient Education and Counseling, 103(1), 15-32.
  • Denniss E., Lindberg R., McNaughton S.A. (2023). Quality and accuracy of online nutrition-related information: a systematic review of content analysis studies. Public Health Nutrition, 26(7), 1345-1357.
  • Organisation mondiale de la Santé. Infodemic. Ressource de référence sur la surcharge d’informations et la désinformation en santé.
  • Greaves C.J. et al. (2011). Systematic review of reviews of intervention components associated with increased effectiveness in dietary and physical activity interventions. BMC Public Health, 11:119.
  • Teixeira P.J. et al. (2015). Successful behavior change in obesity interventions in adults: a systematic review of self-regulation mediators. BMC Medicine, 13:84.
Partager in f

Questions fréquentes

Pourquoi y a-t-il autant de conseils santé contradictoires ?

Parce que les contenus disponibles mélangent des niveaux de preuve, des populations et des contextes très différents, auxquels s'ajoutent des opinions présentées comme des faits. Des revues systématiques ont documenté la qualité très variable de l'information nutritionnelle en ligne, en particulier sur les réseaux sociaux.

Comment savoir si une information santé est fiable ?

Cinq filtres aident : qui parle et quelle est sa compétence sur ce sujet précis, la source est-elle citée et vérifiable, le contenu distingue-t-il association et causalité, la recommandation est-elle présentée comme universelle, et le message cherche-t-il à informer ou à provoquer une réaction.

Faut-il arrêter de suivre des comptes santé ?

Non, mais il est utile de réduire le nombre de sources et de se demander devant chaque nouveau conseil s'il va réellement changer une décision. Si la réponse est non, l'information est intéressante mais pas actionnable, et elle ajoute surtout du bruit.

A.WAY · Quetigny, près de Dijon

Vous n'avez pas besoin de plus de motivation. Vous avez besoin d'un cadre.

Lors d'un premier bilan offert, on fait le point sur votre objectif, vos contraintes et votre mode de vie, pour construire un accompagnement que vous pourrez vraiment tenir dans le temps.

Andy Poiron, fondateur et coach d'A.WAY à Quetigny
Écrit par

Andy Poiron

Fondateur et coach, A.WAY Quetigny

Andy a fondé A.WAY à Quetigny en 2012, le plus ancien studio de coaching de la métropole dijonnaise. Coach sport et nutrition, il accompagne particuliers, sportifs et dirigeants vers une transformation durable, autour de quatre piliers : entraînement, nutrition, sommeil et gestion du stress.

Voir l'équipe et l'approche A.WAY →
Diagnostic A.WAY

Par où commencer, dans votre cas ?

Deux minutes de questions sur votre situation, votre niveau et vos contraintes. Vous repartez avec les trois leviers à travailler en premier, et ce que ça donne concrètement au studio.

Faire le diagnostic gratuit