CrossFit et HYROX : comment gagner en endurance sans perdre sa force ?
Peut-on courir davantage pour HYROX sans perdre sa force ? Découvrez comment combiner running, musculation et entraînement hybride sans saboter vos progrès.
Vous venez du CrossFit ou de la musculation. Vous êtes fort. Vous aimez soulever lourd, pousser un traîneau, faire des burpees, travailler avec des kettlebells et terminer un WOD difficile.
Puis vous décidez de préparer un HYROX ou une autre course hybride. Et rapidement, une question apparaît :
« Si je commence à courir trois ou quatre fois par semaine, est-ce que je vais perdre ma force et mon muscle ? »
À l’inverse, le coureur qui se lance dans HYROX se demande souvent s’il va devenir lourd et moins rapide en ajoutant deux séances de musculation.
Ces inquiétudes sont compréhensibles. Force et endurance déclenchent effectivement des contraintes et adaptations différentes. Mais cela ne signifie absolument pas qu’elles soient incompatibles.
Au contraire : un athlète HYROX doit précisément être capable de courir vite et de produire de la force.
Le véritable problème n’est donc pas « force ou endurance ? » mais comment organiser les deux pour qu’elles se complètent au lieu de se concurrencer inutilement ?
C’est ce que l’on appelle en physiologie de l’entraînement l’entraînement concurrent.
En résumé
Oui, vous pouvez développer simultanément votre endurance et votre force. Les recherches récentes ne montrent pas que l’ajout d’endurance entraîne automatiquement une perte massive de force ou de masse musculaire.
Une méta-analyse publiée dans Sports Medicine en 2024, regroupant 59 études et 1 346 participants, a cependant retrouvé une légère atténuation des gains de force du bas du corps chez les hommes lors d’un entraînement combinant force et endurance, mais pas chez les femmes.
Le message pratique est donc beaucoup plus nuancé que « le cardio tue les gains ». Le risque d’interférence dépend de votre volume total, de votre niveau, de la fréquence des séances, du type d’endurance, de la proximité entre les séances, de leur ordre et de votre récupération.
Une revue récente publiée en 2026 suggère qu’une organisation intelligente, notamment la force avant l’endurance lorsque les deux doivent être réalisées successivement, ou plusieurs heures de récupération entre les deux, peut contribuer à préserver davantage la qualité neuromusculaire.
La bonne stratégie n’est donc pas de faire moins de cardio pour rester fort. Elle est de devenir suffisamment fort pour les stations et suffisamment endurant pour que huit kilomètres de course ne détruisent pas votre compétition.
Qu’est-ce que l’entraînement concurrent ?
L’entraînement concurrent consiste simplement à développer plusieurs qualités physiques dans la même période : musculation le lundi, running le mardi, musculation le jeudi, endurance le samedi.
Une programmation HYROX est donc par définition largement concurrente. Vous devez développer la force, la puissance, l’endurance cardiovasculaire, l’économie de course, l’endurance musculaire et la capacité à travailler sous fatigue.
La question n’est pas de savoir si vous allez faire de l’entraînement concurrent : vous le faites nécessairement. La question est comment le faire correctement.
Pourquoi existe-t-il une peur de l’effet d’interférence ?
L’idée vient d’une observation réelle : si vous cherchez simultanément à maximiser plusieurs adaptations différentes, elles peuvent parfois se gêner partiellement.
Dans certaines conditions, l’ajout d’un volume important d’entraînement d’endurance à un programme de musculation peut réduire certains gains de force, de puissance ou d’hypertrophie par rapport à un entraînement exclusivement consacré à la force.
Mais il faut immédiatement ajouter une nuance : interférence ne signifie pas incompatibilité.
La méta-analyse de Huiberts, Wüst et van der Zwaard publiée en 2024 a analysé 59 études. Les participants réalisant un entraînement combiné continuaient globalement à développer force, endurance et VO₂max. L’interférence retrouvée concernait surtout certains gains de force du bas du corps chez les hommes.
Pour un powerlifter, cela pourrait être problématique. Pour un athlète HYROX, c’est simplement la réalité de son sport.
Nous avons repris cette question de fond en dehors du contexte HYROX, avec ce que dit réellement la recherche sur l’effet d’interférence, dans peut-on progresser en force et en endurance en même temps.
Vous n’avez pas besoin d’être le plus fort possible
C’est probablement l’une des idées les plus importantes pour un CrossFitter qui passe à HYROX.
Votre objectif n’est pas nécessairement d’augmenter votre back squat de 180 à 200 kg. Si vous êtes déjà suffisamment fort pour pousser le sled, tirer le sled, porter les farmers, effectuer les lunges et tenir les wall balls, le retour sur investissement d’encore davantage de force maximale peut devenir inférieur à celui de développer votre moteur.
Imaginez deux athlètes face au même sled. Pour le premier, cette charge représente presque sa limite : chaque pas demande énormément d’effort. Pour le second, elle représente une fraction beaucoup plus faible de sa force disponible. Même station, même poids, mais coût physiologique très différent.
Voilà pourquoi développer la force reste important. Mais une fois une réserve de force suffisante acquise, améliorer encore la force maximale peut ne plus être la priorité numéro un.
À l’inverse, un excellent coureur peut manquer énormément de force
Prenons un coureur de 10 km : excellente VO₂max, bon seuil, bonne économie, faible masse corporelle. Sur les portions de course HYROX, très performant.
Puis arrive le Sled Push. Il termine la station avec les quadriceps saturés, une fréquence cardiaque élevée et une perte de coordination. Le kilomètre suivant s’effondre.
Son problème n’est pas un manque de cardio. Il manque de réserve de force.
Le meilleur athlète hybride se situe entre ces deux extrêmes. Il n’a besoin d’être ni le meilleur coureur ni le meilleur lifter : il doit être suffisamment performant dans les deux mondes pour qu’aucune qualité ne devienne un énorme facteur limitant.
Pourquoi la force peut même améliorer votre running
C’est l’un des points souvent oubliés par les coureurs. La musculation ne sert pas uniquement aux stations.
Une méta-analyse publiée en 2024 dans Sports Medicine a étudié différentes méthodes de renforcement chez les coureurs de moyenne et longue distance. Les auteurs concluent que le travail lourd, pliométrique et combiné peut améliorer certaines performances de course. Une deuxième méta-analyse publiée la même année a montré que les entraînements avec charges élevées et certaines méthodes combinées pouvaient améliorer l’économie de course.
Une umbrella review publiée en 2025 a regroupé 17 revues systématiques et retrouve des effets favorables du travail de force sur l’économie et la performance d’endurance, sans amélioration systématique du VO₂max.
Votre moteur cardiovasculaire maximal ne change donc pas forcément. Mais vous utilisez potentiellement mieux chaque litre d’oxygène disponible. C’est exactement la logique développée dans notre article sur VO₂max, seuil ou Zone 2.
L’objectif pour HYROX est de réduire le coût relatif de chaque mouvement. Un Sled Push qui représentait 85 % de votre capacité musculaire peut passer à 65 % après plusieurs mois de renforcement. Vous arrivez alors sur le kilomètre suivant avec beaucoup moins de fatigue musculaire.
Le vrai problème n’est pas de courir : c’est de courir trop, trop vite, trop tôt
Lorsqu’un CrossFitter décide de préparer HYROX, il commet parfois cette erreur. Avant : 4 à 5 WODs par semaine. Nouveau programme : 5 WODs plus 4 sorties running.
Il passe donc de 5 à 9 séances. Puis il conclut quelques semaines plus tard que le running lui fait perdre de la force. Peut-être. Mais surtout, vous avez presque doublé votre charge d’entraînement.
Première règle : remplacer avant d’ajouter
C’est probablement la règle pratique la plus importante.
Si vous réalisez déjà 5 séances intenses et que votre endurance est insuffisante, la solution n’est pas 5 séances intenses plus 3 footings. Elle peut être 3 séances fonctionnelles plus 3 séances d’endurance : même nombre total de séances, mais meilleure distribution des stimuli.
Vous passez ainsi de cinq journées essentiellement métaboliques à six journées avec des objectifs beaucoup plus distincts.
Deuxième règle : ne faites pas toutes vos séances de running à haute intensité
Le CrossFitter aime souvent courir exactement comme il fait un WOD : très vite, très dur, avec un chrono. Mardi 6 × 800 m, jeudi 10 × 400 m, dimanche 5 km à fond. Et il appelle cela « travailler mon cardio ».
Le problème : vous avez encore ajouté trois séances difficiles à une semaine déjà riche en intensité.
Pour construire l’endurance, vous avez besoin de volume, et une partie importante de ce volume doit être suffisamment soutenable pour être accumulée, répétée et récupérée. C’est précisément ce que nous avons développé dans notre article sur le déficit aérobie.
L’objectif d’un footing facile n’est pas d’améliorer votre capacité à souffrir : vous savez probablement déjà souffrir. L’objectif est d’augmenter progressivement la quantité de travail aérobie que votre organisme peut assimiler.
Troisième règle : protégez vos séances prioritaires
Supposons que votre objectif du moment soit d’augmenter votre force sur le bas du corps. Votre séance importante est le squat lourd. Faire juste avant 12 km de running rapide n’est probablement pas la meilleure idée : votre fatigue musculaire et neuromusculaire peut diminuer la qualité de la séance de force.
L’ordre des séances compte-t-il ?
Un peu. Mais moins que certains discours sur Internet le laissent penser.
Une revue semi-systématique récente portant sur 42 études conclut que l’ordre force-endurance ne semble pas produire de différence constante sur toutes les adaptations à long terme. Cependant, réaliser la force avant l’endurance semble favoriser davantage certaines adaptations neuromusculaires, notamment la force relative et la puissance.
Une revue 2026 consacrée à l’entraînement concurrent dans les sports collectifs aboutit à une conclusion pratique similaire.
En pratique : commencez généralement par la qualité que vous souhaitez prioriser.
Si votre priorité est la force, faites la force puis éventuellement du cardio facile : squat lourd, puis 20 à 30 minutes de BikeErg facile. Si votre priorité est le running, faites le running qualitatif quand vous êtes frais et placez la musculation plus tard ou sur une autre journée.
Si votre objectif est spécifiquement HYROX, il peut parfois être intéressant de courir volontairement après une station. Mais dans ce cas, la fatigue est justement le stimulus recherché : ce n’est plus un problème d’interférence accidentelle, c’est de la spécificité.
Ne confondez donc pas « séance de développement » et « séance spécifique ». Pour développer la vitesse ou la force, soyez relativement frais. Pour apprendre à courir avec les jambes fatiguées, la fatigue est volontaire. Chaque séance doit avoir un objectif.
Combien de temps laisser entre force et endurance ?
Lorsque les deux séances doivent être réalisées le même jour, plusieurs heures de séparation semblent préférables à un enchaînement immédiat lorsque l’objectif est de préserver au maximum les adaptations.
Une étude chez des joueurs de rugby avait comparé des entraînements enchaînés, une séparation de 6 h et une séparation de 24 h. Les adaptations neuromusculaires étaient moins favorables lorsque les deux modalités étaient enchaînées immédiatement.
Mais attention : six heures n’est pas une frontière physiologique magique. Pour un amateur qui ne peut s’entraîner qu’une fois par jour, faire force et cardio dans la même séance reste parfaitement possible. Il faut simplement organiser les priorités.
Vous n’avez qu’une heure ? Une option pertinente : 10 minutes d’échauffement, 30 minutes de force, 20 minutes de BikeErg facile. Très différent de 30 minutes d’intervalles très intenses suivies d’un squat maximal.
Le meilleur programme théorique que vous ne pouvez pas suivre est moins intéressant qu’un programme légèrement moins optimal mais réalisable 50 semaines par an.
Quatrième règle : évitez de placer deux grosses séances jambes côte à côte
Mardi intervalles running, mercredi squat lourd, jeudi sled et lunges : vous avez trois journées consécutives où le bas du corps prend une grosse charge. Même si les filières énergétiques diffèrent, vos jambes ne lisent pas le programme. Elles reçoivent trois jours de contrainte.
Répartissez donc les journées difficiles : force le lundi, endurance facile le mardi, seuil le mercredi, facile ou repos le jeudi, force le vendredi, spécifique le samedi, facile ou repos le dimanche.
Cinquième règle : regrouper parfois le stress peut être intelligent
Cela peut sembler contradictoire. Mais pour certains athlètes avancés, mettre deux stimuli importants le même jour peut permettre de conserver de vraies journées faciles.
Par exemple threshold running le mardi matin et force le mardi soir, puis mercredi très facile. Au lieu de mardi dur, mercredi dur, jeudi dur. C’est le principe hard days hard, easy days easy.
Cette stratégie devient surtout intéressante lorsqu’un sportif possède déjà un historique d’entraînement solide, une récupération correcte et suffisamment de disponibilité.
Sixième règle : faites attention au volume de running
Une ancienne méta-analyse qui a beaucoup contribué à la notion d’effet d’interférence avait observé que la fréquence et la durée du travail d’endurance étaient associées à une plus grande interférence, et que la course semblait plus problématique que le vélo dans certaines analyses.
Les travaux plus récents montrent un tableau moins simple. Une méta-analyse 2024 comparant plusieurs formes d’entraînement concurrent souligne que la modalité d’endurance influence la réponse du bas du corps.
Le message pratique reste valable : plus vous ajoutez de volume mécanique sur les jambes, plus il faut surveiller son interaction avec votre travail de force.
Pourquoi le BikeErg est particulièrement intéressant
Vous voulez parfois augmenter le volume aérobie sans ajouter immédiatement 30 kilomètres de running. Le BikeErg ou le vélo permettent un travail cardiovasculaire à faible impact, avec un contrôle précis de la puissance et une récupération généralement plus simple qu’après beaucoup de course.
Mais vous devez quand même courir. Parce que vous préparez une compétition comprenant 8 kilomètres de course. Le vélo ne développe pas parfaitement votre économie de course, votre technique, vos tendons, votre tolérance aux impacts et votre capacité à courir après les stations.
Le cross-training peut donc compléter le running, pas complètement le remplacer.
Quelle force faut-il conserver ?
Il faut distinguer la force maximale (produire une force très élevée une fois), la force relative (par rapport au poids corporel), l’endurance de force (répéter de nombreux efforts) et la force spécifique (produire la force nécessaire aux mouvements de compétition).
HYROX n’exige pas nécessairement de maximiser toutes ces qualités de la même façon.
Pour un athlète déjà très fort, avec un squat à deux fois le poids de corps et aucun problème sur le sled, continuer à consacrer quatre séances par semaine à maximiser la force peut avoir un retour sur investissement faible. Vous pourriez passer en mode maintenance.
C’est un principe extrêmement utile : la quantité d’entraînement nécessaire pour conserver une qualité déjà développée est inférieure à celle nécessaire pour continuer à la maximiser. Cela vous libère du temps et du budget de récupération pour travailler votre facteur limitant.
L’erreur serait de vouloir progresser au maximum partout
Vous voulez plus 20 kg au squat, battre votre 5 km, augmenter votre VO₂max, améliorer tous vos sleds, perdre 5 kg et faire votre meilleur Fran. Tout cela en huit semaines. La programmation ne fonctionne pas ainsi.
À chaque bloc d’entraînement, il faut hiérarchiser : une qualité en développement prioritaire, une en développement secondaire, les autres en maintenance. C’est l’un des secrets d’un bon entraînement hybride.
Exemple de bloc de 8 semaines pour un CrossFitter peu endurant
Objectif prioritaire : capacité aérobie et running. Objectif secondaire : seuil. Maintenance : force.
- Lundi, force : squat ou deadlift, travail unilatéral, haut du corps, peu de métabolique.
- Mardi, easy run : 45 à 60 minutes à intensité réellement facile.
- Mercredi, seuil : par exemple 4 × 8 minutes avec récupération courte et contrôlée.
- Jeudi : repos, mobilité ou cardio de récupération.
- Vendredi, force et stations : sled push, sled pull, lunges, farmer carry, volume contrôlé.
- Samedi, hybride : course et stations, travail spécifique.
- Dimanche, endurance : 60 à 75 minutes faciles, en course ou sur BikeErg selon la tolérance.
Pour le profil inverse, un coureur très endurant mais peu fort, la structure générale reste la même mais le contenu des séances de force devient beaucoup plus ambitieux, et le running passe en maintenance.
Quel type de force privilégier ?
Pour un athlète HYROX, je construirais principalement autour de cinq piliers.
Le squat, pour le sled, les lunges, les wall balls et la capacité générale du bas du corps.
Le hinge (deadlift ou variations), pour la chaîne postérieure, la force globale, le sled pull et les carries.
Le travail unilatéral (split squat, step-up, lunge), pour la force jambe par jambe, le contrôle et la spécificité locomotrice.
Les carries (farmer carry, suitcase carry), pour le grip, le tronc et la locomotion sous charge.
Le haut du corps en tirage et poussée, nécessaire pour le sled pull, la posture et l’équilibre structurel.
Faut-il aller à l’échec musculaire ?
Pas systématiquement. Si votre objectif est de développer la force tout en préservant suffisamment de fraîcheur pour courir, accumuler énormément de séries jusqu’à l’échec crée beaucoup de fatigue supplémentaire.
Chez un athlète hybride, le meilleur programme de musculation n’est pas nécessairement celui qui produit le plus de courbatures. Il doit produire suffisamment d’adaptation pour un coût récupérable.
Une méta-analyse consacrée aux effets aigus d’une séance de force chez les coureurs retrouve d’ailleurs une augmentation des courbatures, une augmentation de la perception d’effort et des perturbations neuromusculaires après la séance. Si votre séance de running est importante, ne la mettez pas systématiquement dans les jambes détruites.
Quand faut-il volontairement courir sur jambes fatiguées ?
Lorsque l’objectif est la spécificité HYROX. Par exemple 3 tours de sled push suivi d’un kilomètre de course, ou des walking lunges suivies d’un kilomètre.
Vous cherchez justement à apprendre à votre organisme à retrouver rapidement une foulée efficace après une contrainte musculaire.
Mais pas tous les jours. Si chaque run est réalisé fatigué, vous ne développez jamais correctement votre vitesse fraîche, votre économie et votre qualité technique. Il faut conserver du running frais et du running sous fatigue.
La règle que je retiendrais : construisez la qualité frais, apprenez à l’exprimer fatigué.
L’importance de la récupération
Vous pouvez théoriquement parfaitement organiser force, endurance facile, seuil et spécifique. Mais si vous dormez cinq heures par nuit, mangez insuffisamment, êtes constamment stressé et ajoutez huit séances par semaine, le plan reste mauvais.
Un powerlifter doit récupérer de sa force. Un marathonien de son running. Un athlète hybride des deux. C’est donc rarement la personne qui peut ignorer le sommeil, la nutrition, l’énergie disponible et la gestion du stress.
Le poids corporel entre aussi dans l’équation
C’est un sujet délicat mais important pour HYROX. Plus de masse musculaire peut aider sur les stations. Mais davantage de masse corporelle signifie également plus de masse à transporter pendant huit kilomètres.
L’objectif n’est donc pas d’être le plus musclé possible. C’est de disposer de suffisamment de masse et de force pour les stations sans transporter inutilement un coût excessif sur la course.
Le meilleur physique HYROX est un compromis de performance : ni marathonien, ni culturiste, ni powerlifter, mais un athlète capable de produire un excellent ratio entre moteur, force et masse corporelle.
Est-ce que beaucoup de running va forcément faire perdre du muscle ?
Non. Les données sur l’hypertrophie sont bien plus rassurantes que ne le laisse entendre la croyance populaire.
Une méta-analyse de 2023 comparant entraînement de force seul et entraînement concurrent n’a pas trouvé de différence significative sur l’hypertrophie du muscle entier, même si certaines analyses au niveau des fibres musculaires suggéraient des différences selon le type de protocole.
Ce qui risque davantage de vous faire perdre du muscle, c’est une combinaison : énorme volume de running, déficit calorique agressif, peu de protéines, mauvaise récupération et musculation insuffisante. Là, le problème n’est pas seulement le running, c’est l’environnement entier.
Pour conserver votre force pendant un bloc endurance
- Maintenir une à deux expositions de force de qualité par semaine.
- Conserver des charges relativement élevées lorsque c’est adapté.
- Réduire éventuellement le volume total plutôt que supprimer l’intensité de force.
- Éviter l’échec systématique.
- Augmenter progressivement le running.
- Soutenir la récupération et l’apport énergétique.
Un exemple de séance de maintenance : squat 3 × 3 à 5, romanian deadlift 3 × 5 à 6, bulgarian split squat 2 à 3 × 6 par jambe, un tirage sur 3 séries, et un travail de gainage court. Pas besoin de 25 séries de jambes pour conserver une base de force.
Et votre CrossFit dans tout cela ?
Vous n’avez pas nécessairement besoin de l’abandonner. Mais vous devez arrêter de considérer le CrossFit comme une seule catégorie physiologique.
Un WOD peut être principalement de la force. Un autre du VO₂max. Un autre de l’endurance musculaire. Un autre du seuil. Un autre de la puissance. Vous devez donc regarder ce que contient réellement la séance.
Votre planning affiche CrossFit le mardi, running le mercredi, HYROX le jeudi : cela semble varié. Mais si les trois séances sont très intenses pour les jambes, physiologiquement votre semaine n’est pas si variée. L’intensité réelle compte plus que l’étiquette.
Chez A.WAY, nous proposons différents formats de coaching de groupe : WOD, HIIT, Hybrid Race, Surprise et Team. L’intérêt d’avoir plusieurs formats n’est pas simplement la variété : c’est de pouvoir créer une semaine cohérente en fonction de votre objectif.
Un adhérent qui prépare une course hybride n’a pas nécessairement intérêt à participer chaque jour au cours qui lui semble le plus difficile. Sa semaine peut être construite autour de deux séances force et fonctionnel, deux séances endurance et running, une séance Hybrid Race spécifique et une séance complémentaire selon son profil.
Le profil décide du programme
Profil 1, CrossFitter fort mais running faible : priorité endurance et running, force en maintenance.
Profil 2, coureur performant mais faible sur les stations : priorité force et endurance musculaire, running en maintenance et qualité.
Profil 3, intermédiaire partout : progression parallèle.
Profil 4, bon séparément mais mauvais en compétition : priorité spécifique HYROX.
Et le facteur limitant change avec le temps. En janvier, votre problème est la course : vous passez quatre mois à construire endurance, seuil et volume. En mai, votre running est devenu bon, mais désormais le sled vous coûte trop cher. Le programme doit changer.
Ne devenez donc pas prisonnier de ce qui vous a fait progresser. Le footing facile vous a beaucoup fait progresser ? Cela ne signifie pas qu’il faut uniquement faire de la Zone 2 pour toujours. La programmation doit évoluer avec votre profil.
Les 10 règles pour devenir plus endurant sans perdre sa force
- N’ajoutez pas simplement du running à un programme déjà saturé. Remplacez avant d’ajouter.
- Conservez au moins une vraie exposition de force, souvent deux selon le niveau.
- Faites une majorité de votre volume d’endurance à intensité récupérable. Sinon tout devient une séance difficile.
- Protégez les séances prioritaires. Force importante ou running qualitatif : arrivez frais.
- Si vous combinez force et cardio dans la même séance, commencez par la priorité.
- Lorsque c’est possible, espacez les grosses séances concurrentes.
- Utilisez les ergomètres pour augmenter le volume sans multiplier les impacts, mais gardez suffisamment de running spécifique.
- Ne cherchez pas à maximiser toutes les qualités simultanément. Développement prioritaire plus maintenance.
- Courez parfois sous fatigue pour la spécificité, mais pas tout le temps.
- Mesurez la performance hybride, pas uniquement les performances séparées. Votre 1 km frais est intéressant, votre 1 km après sled l’est encore plus.
Comment savoir si vous faites trop ?
Surveillez la baisse persistante de force, les performances running qui diminuent, les jambes continuellement lourdes, le sommeil perturbé, une fatigue inhabituelle, la perte de motivation, des douleurs croissantes, une fréquence cardiaque inhabituelle et une perception d’effort plus élevée sur des séances habituellement faciles.
Un seul mauvais entraînement n’est pas inquiétant. Une tendance sur plusieurs semaines mérite une adaptation du programme.
Votre force baisse légèrement pendant un gros bloc running : est-ce grave ?
Pas forcément. Il faut distinguer performance temporaire et adaptation structurelle. Si vous augmentez fortement votre volume de course, vous pouvez être momentanément plus fatigué et votre squat sembler 5 % moins bon. Cela ne signifie pas que vous avez perdu toute votre force : il peut simplement manquer de la fraîcheur.
Et la vraie question est : avez-vous besoin de cette force supplémentaire pour votre compétition ? Si votre squat passe de 160 à 155 kg mais que votre 5 km passe de 25 minutes à 21 minutes 30 avec un sled toujours performant, pour HYROX vous avez probablement gagné beaucoup plus que vous n’avez perdu.
Un athlète hybride n’est pas un powerlifter qui fait occasionnellement du cardio, ni un marathonien qui fait occasionnellement des lunges. C’est un sportif qui accepte d’être très bon dans plusieurs qualités plutôt que maximal dans une seule.
Comment nous appliquons cette logique chez A.WAY Dijon
Chez A.WAY à Quetigny, près de Dijon, nous travaillons précisément cette combinaison entre force, endurance, cardio, travail fonctionnel et Hybrid Race.
Le studio dispose d’un plateau force et d’une zone Hybrid Race, en plus des espaces de coaching et mobilité. Il est situé au 2 rue de la Broche, 21800 Quetigny, à environ 10 à 15 minutes de Dijon centre.
Vous pouvez venir avec exactement le même objectif qu’un autre adhérent, préparer un HYROX, et avoir un besoin complètement différent.
Si vous venez du CrossFit, très fort sur les stations mais avec une course qui s’effondre, votre priorité est le moteur et le running. Si vous venez du running avec un excellent 10 km mais que le sled vous immobilise, votre priorité est la force et l’endurance musculaire. Si vous êtes bon sur les deux mais que votre compétition est bien moins bonne que vos tests séparés, votre priorité est l’interférence, le pacing et la spécificité.
Voilà pourquoi nous commençons par le bilan : comprendre votre historique, votre niveau, votre objectif, vos contraintes, vos forces et vos faiblesses. Puis seulement décider quoi entraîner.
Vous préparez une course hybride à Dijon ?
Vous venez du CrossFit et vous avez peur que courir davantage vous fasse perdre votre force ? Ou au contraire, vous êtes bon coureur mais les sleds, lunges et carries détruisent votre compétition ?
Le problème n’est probablement pas « faut-il faire plus de sport ? ». La question est « quelle qualité dois-je développer et laquelle dois-je simplement maintenir ? ».
Faites le test du moteur A.WAY : trois minutes pour savoir lequel de ces profils est le vôtre, et ce que devrait contenir votre prochain bloc.
Réserver mon bilan sportif : identifions votre profil, coureur à renforcer, CrossFitter à rendre plus endurant, ou athlète déjà complet qui doit apprendre à mieux enchaîner les deux.
Le meilleur athlète hybride n’est pas celui qui choisit entre force et endurance. C’est celui qui apprend à développer les deux sans gaspiller son budget de récupération.
Sources scientifiques
Huiberts R.O., Wüst R.C.I., van der Zwaard S. (2024). Concurrent Strength and Endurance Training: A Systematic Review and Meta-Analysis on the Impact of Sex and Training Status. Sports Medicine. 59 études, 1 346 participants.
Chen Y. et al. (2024). Comparative efficacy of concurrent training types on lower limb strength and muscular hypertrophy: A systematic review and network meta-analysis. Journal of Exercise Science & Fitness.
Revue narrative (2026). Factors Influencing the Efficacy of Concurrent Training in Team Sports.
Revue semi-systématique (2026). The effects, mechanisms, and influencing factors of concurrent strength and endurance training with different sequences. 42 études analysées.
Llanos-Lagos C. et al. (2024). The Effect of Strength Training Methods on Middle-Distance and Long-Distance Runners’ Athletic Performance. Sports Medicine.
Llanos-Lagos C. et al. (2024). Effect of Strength Training Programs in Middle- and Long-Distance Runners’ Economy at Different Running Speeds. Sports Medicine.
The Effect of Strength Training on Endurance Performance Determinants (2025). Umbrella review de 17 revues systématiques.
Brandt T. et al. (2025). Acute physiological responses and performance determinants in HYROX. Frontiers in Physiology.
Monserdà-Vilaró A. et al. (2023). Effects of Concurrent Resistance and Endurance Training Using Continuous or Intermittent Protocols on Muscle Hypertrophy. Journal of Strength and Conditioning Research.
Questions fréquentes
Peut-on courir et faire de la musculation sans perdre de force ?
Oui. La combinaison des deux permet de développer simultanément force et endurance. Une méta-analyse de 2024 retrouve toutefois une légère atténuation de certains gains de force du bas du corps chez les hommes par rapport à la musculation seule. L'ampleur de cette interférence dépend de nombreux facteurs.
Est-ce que courir fait perdre du muscle ?
Pas automatiquement. Les méta-analyses disponibles ne montrent pas une disparition générale de l'hypertrophie lorsqu'on combine endurance et musculation. Certains effets faibles peuvent apparaître selon les protocoles, la modalité et le niveau d'analyse musculaire.
Combien de séances de musculation faut-il conserver pour HYROX ?
Il n'existe pas de nombre universel. Chez beaucoup de pratiquants, une à trois expositions peuvent être utilisées selon le niveau et la phase de préparation. Pour un athlète déjà fort, une ou deux séances de qualité peuvent parfois suffire pour maintenir une grande partie de ses capacités pendant qu'il développe davantage l'endurance.
Faut-il courir avant ou après la musculation ?
Si les deux sont réalisés dans la même séance, commencez généralement par la qualité prioritaire. Lorsque la force ou la puissance est prioritaire, plusieurs revues recommandent plutôt de réaliser la force avant l'endurance.
Combien de temps faut-il laisser entre musculation et running ?
Lorsque les deux sont des séances importantes et que votre emploi du temps le permet, plusieurs heures de récupération peuvent être intéressantes. Des travaux expérimentaux et une revue récente évoquent notamment une séparation d'au moins environ six heures comme stratégie pratique. Ce chiffre n'est cependant pas une frontière absolue.
Est-il préférable de faire le cardio sur vélo plutôt qu'en courant ?
Le vélo et le BikeErg peuvent être utiles pour augmenter le volume aérobie avec moins d'impact. Mais si votre objectif est HYROX, vous devez conserver suffisamment de course car huit kilomètres de running font partie de l'épreuve.
La musculation peut-elle améliorer ma course ?
Oui. Des méta-analyses récentes montrent que certaines méthodes de force lourde, pliométrique ou combinée peuvent améliorer l'économie de course et certaines performances chez les coureurs.
Faut-il arrêter le CrossFit pour préparer HYROX ?
Non nécessairement. Il faut surtout analyser le contenu réel des séances et éviter d'empiler trop de séances très intenses. Certains WODs peuvent parfaitement contribuer à la préparation tandis que d'autres devront être remplacés ou adaptés selon la phase.
Vous n'avez pas besoin de plus de motivation. Vous avez besoin d'un cadre.
Lors d'un premier bilan offert, on fait le point sur votre objectif, vos contraintes et votre mode de vie, pour construire un accompagnement que vous pourrez vraiment tenir dans le temps.
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