Sport

Pourquoi votre fréquence cardiaque augmente alors que vous ne courez pas plus vite ?

Votre fréquence cardiaque augmente alors que votre allure reste stable ? Découvrez la dérive cardiaque, ses causes et comment l'utiliser pour mieux entraîner votre endurance.

Andy Poiron, coach et fondateur d'A.WAY
Andy Poiron ·21 min de lecture
Suivi de la fréquence cardiaque pendant un effort d'endurance au studio A.WAY à Quetigny, près de Dijon.

Vous partez courir tranquillement. Votre allure est parfaitement régulière.

Au bout de 15 minutes : 135 battements par minute. Trente minutes plus tard : 142 bpm. Puis 147 bpm.

Pourtant, vous n’avez pas accéléré.

Votre montre fonctionne-t-elle mal ? Votre cardio est-il mauvais ? Êtes-vous en train de sortir de votre Zone 2 ?

Pas nécessairement.

Ce phénomène est bien connu en physiologie de l’exercice. On parle de dérive cardiovasculaire, ou en anglais cardiovascular drift.

Et comprendre ce phénomène peut vous aider à mieux interpréter votre fréquence cardiaque, mieux doser vos séances d’endurance et éviter de tirer de mauvaises conclusions de votre montre.

En résumé

La dérive cardiaque correspond à une augmentation progressive de la fréquence cardiaque au cours d’un effort prolongé, alors que la vitesse ou la puissance produite reste relativement stable.

Elle s’accompagne généralement d’une diminution progressive du volume d’éjection systolique, c’est-à-dire la quantité de sang éjectée par le cœur à chaque contraction. Pour maintenir le débit cardiaque nécessaire à l’effort, le cœur peut alors augmenter sa fréquence.

Cette dérive peut être accentuée par la chaleur, l’augmentation de la température corporelle, la déshydratation, la durée de l’exercice, l’intensité et la fatigue. Elle ne signifie donc pas automatiquement que votre endurance est mauvaise.

En revanche, lorsque les conditions sont suffisamment standardisées, l’évolution de la relation entre fréquence cardiaque et allure peut devenir un outil intéressant pour suivre votre capacité aérobie. C’est notamment le principe du Heart Rate Drift Test popularisé par l’entraîneur Scott Johnston.

Qu’est-ce que la dérive cardiaque ?

Imaginez que vous courez sur un tapis. Vous réglez la vitesse à 10 km/h et vous ne touchez plus au bouton pendant une heure. Votre vitesse reste exactement identique.

Pourtant, votre fréquence cardiaque pourrait évoluer ainsi : 132 bpm à la 10ᵉ minute, 134 à la 20ᵉ, 137 à la 30ᵉ, 140 à la 40ᵉ, 143 à la 50ᵉ et 145 à la 60ᵉ.

Votre performance mécanique reste stable. Mais le coût cardiovasculaire de cette performance augmente progressivement. C’est la dérive cardiaque.

La littérature décrit classiquement ce phénomène par une augmentation progressive de la fréquence cardiaque et une diminution du volume d’éjection systolique au cours d’un exercice prolongé réalisé à intensité relativement constante.

Pourquoi le cœur doit-il battre plus vite ?

Pour comprendre la dérive, il faut revenir à une équation très simple.

Le débit cardiaque correspond approximativement à fréquence cardiaque × volume d’éjection systolique. Autrement dit : combien de fois le cœur bat, multiplié par combien de sang il éjecte à chaque battement.

Supposons qu’au début de votre séance votre cœur éjecte suffisamment de sang à chaque contraction. Au fur et à mesure de l’exercice, le volume éjecté à chaque battement peut diminuer.

Pour conserver un débit cardiaque suffisant, la fréquence cardiaque augmente. Votre cœur compense en partie par davantage de battements.

Pourquoi le volume d’éjection systolique diminue-t-il ?

Il n’existe probablement pas une seule explication valable dans toutes les situations. Une revue publiée en 2021 rappelle justement que les mécanismes exacts de la dérive cardiovasculaire restent complexes et dépendent des circonstances.

Plusieurs mécanismes peuvent néanmoins participer au phénomène.

Cause n°1 : l’augmentation de la température corporelle

Vous produisez énormément de chaleur lorsque vous faites de l’exercice. Votre organisme doit donc éviter une augmentation excessive de la température corporelle. Une partie du débit sanguin est mobilisée dans les mécanismes de thermorégulation.

Lorsque vous vous entraînez dans un environnement chaud, la contrainte cardiovasculaire devient encore plus importante. La littérature montre que la chaleur peut augmenter la dérive cardiovasculaire et perturber la relation habituelle entre fréquence cardiaque et intensité d’exercice.

Voilà pourquoi 140 bpm en février et 140 bpm lors d’une journée très chaude en août ne racontent pas forcément exactement la même histoire physiologique.

Cause n°2 : la déshydratation

Lorsque vous transpirez, vous perdez de l’eau. Si ces pertes deviennent suffisamment importantes et ne sont pas compensées, le volume sanguin disponible peut diminuer. Cette diminution peut contribuer à réduire le remplissage cardiaque et le volume d’éjection systolique. Le cœur compense alors en partie en augmentant sa fréquence.

Une revue systématique portant sur l’exercice dans la chaleur a notamment estimé qu’une perte supplémentaire de 1 % de masse corporelle était associée en moyenne à environ 3 battements par minute supplémentaires, même si la réponse variait selon les protocoles.

Cela ne signifie pas que 1 % de déshydratation égale exactement 3 bpm chez tout le monde. Il s’agit d’une moyenne issue de plusieurs études. Mais elle illustre bien l’idée : l’état d’hydratation peut modifier votre fréquence cardiaque indépendamment de votre niveau d’endurance.

Cause n°3 : la durée

Même dans des conditions relativement modérées, la réponse cardiovasculaire peut évoluer au fur et à mesure que l’exercice se prolonge.

C’est pourquoi comparer 15 minutes de course et 90 minutes de course uniquement à partir de la fréquence cardiaque peut être trompeur.

Cause n°4 : l’intensité choisie

Plus vous vous rapprochez d’une intensité difficilement soutenable, plus la stabilité physiologique devient difficile à maintenir longtemps. Votre allure peut sembler facile pendant 10 minutes, puis beaucoup moins facile après 40 ou 50 minutes.

Une dérive importante peut donc parfois indiquer que l’intensité choisie était trop élevée pour l’objectif de la séance. Mais attention : c’est seulement une explication possible. Vous devez toujours regarder la température, l’hydratation, la fatigue, la durée, le terrain et les conditions du test.

Une fréquence cardiaque qui monte ne signifie pas que votre cardio est mauvais

C’est probablement le message le plus important de cet article. Prenons deux situations.

Situation A. Vous courez une heure sur tapis, dans une salle fraîche, après une bonne nuit, bien hydraté, à vitesse parfaitement constante. Votre FC passe progressivement de 140 à 158 bpm. Cette dérive mérite probablement d’être analysée.

Situation B. Vous courez dehors, par 29 °C, en plein soleil, sur un parcours vallonné, en ayant peu bu. Votre FC passe de 140 à 155 bpm. Conclure immédiatement que votre système aérobie est mauvais serait beaucoup trop rapide. Votre environnement explique potentiellement une partie importante de la différence.

Pourquoi votre fréquence cardiaque augmente davantage quand il fait chaud

C’est très important pour les sportifs qui utilisent leur montre comme régulateur absolu d’intensité.

En environnement chaud, votre organisme doit simultanément alimenter vos muscles, maintenir suffisamment de débit sanguin et évacuer de la chaleur. Votre fréquence cardiaque peut donc devenir plus élevée pour une vitesse pourtant identique.

Une revue consacrée à la prescription d’intensité dans la chaleur explique précisément que la dérive cardiovasculaire peut augmenter la fréquence cardiaque de manière disproportionnée par rapport à l’intensité absolue de l’exercice.

En avril, 6:00/km à 138 bpm. Même parcours en août, par 30 °C, 6:00/km à 150 bpm. Cela ne signifie pas que vous avez perdu brutalement votre endurance. Votre organisme travaille simplement dans des conditions beaucoup plus exigeantes.

« Ma fréquence cardiaque monte : dois-je ralentir immédiatement ? »

Pas nécessairement à chaque battement. La fréquence cardiaque n’est pas une ligne parfaitement stable, elle varie naturellement.

Ce qui nous intéresse davantage est la tendance. Passer de 140 à 145 bpm sur une sortie longue n’est pas la même chose que passer de 140 à 165 bpm en quelques minutes.

Pendant vos séances d’endurance, observez simultanément votre fréquence cardiaque, votre allure, votre respiration, votre perception d’effort, votre capacité à parler et les conditions environnementales.

Si votre FC augmente légèrement mais que votre respiration reste calme, que votre perception d’effort ne change presque pas et que vous pouvez toujours parler, il n’est pas forcément nécessaire de ralentir immédiatement de façon importante.

En revanche, si la FC, la respiration et la perception d’effort augmentent en même temps et que la conversation devient difficile, alors votre intensité réelle augmente clairement.

Le concept de découplage cardio-allure

La dérive devient particulièrement intéressante lorsqu’on compare ce que vous produisez avec le coût cardiovasculaire nécessaire pour le produire.

Première moitié : allure 6:00/km, FC moyenne 140 bpm. Deuxième moitié : allure 6:00/km, FC moyenne 147 bpm.

Votre vitesse n’a pas bougé, mais votre fréquence cardiaque a augmenté de 7 bpm. Il existe donc progressivement un découplage entre l’allure et la réponse cardiaque.

Comment calculer simplement la dérive cardiaque ?

Dans une version simplifiée : (FC deuxième moitié − FC première moitié) ÷ FC première moitié × 100.

Exemple : première moitié 140 bpm, deuxième moitié 147 bpm. 147 − 140 = 7. 7 ÷ 140 = 0,05. Soit 5 %.

Attention, certains logiciels calculent le découplage différemment. TrainingPeaks et d’autres plateformes peuvent comparer des ratios entre puissance ou allure et fréquence cardiaque, plutôt que simplement comparer les deux fréquences cardiaques moyennes.

Ne soyez donc pas surpris si votre logiciel affiche une valeur légèrement différente de votre calcul manuel. L’objectif est surtout d’utiliser toujours la même méthode lorsque vous comparez vos propres tests.

Le Heart Rate Drift Test de Scott Johnston

Scott Johnston, coauteur de Training for the Uphill Athlete, utilise depuis plusieurs années la dérive cardiaque comme outil terrain pour estimer approximativement le haut de la zone aérobie chez ses athlètes.

Son approche repose sur une idée simple : si une personne peut maintenir une vitesse relativement stable pendant environ une heure avec peu de découplage cardiaque, cette intensité est probablement suffisamment soutenable pour se situer autour ou sous son premier seuil.

Johnston utilise environ 5 % de dérive comme repère pratique.

Important : 5 % n’est pas une frontière physiologique magique. Vous trouverez parfois sur Internet des affirmations très catégoriques sur ce chiffre. Le seuil de 5 % proposé par Scott Johnston est avant tout un outil de coaching. Je ne connais pas aujourd’hui de validation scientifique indépendante suffisamment solide pour affirmer que 5 % de dérive correspond systématiquement à LT1 chez chaque individu.

Utilisez donc ce chiffre comme un repère pratique à intégrer à d’autres informations, pas comme une mesure biologique absolue. Nous détaillons cette nuance dans notre article sur le seuil aérobie et comment le tester.

Comment réaliser un test de dérive cardiaque ?

Si vous souhaitez utiliser cette méthode, il faut standardiser au maximum votre test.

Étape 1 : choisissez la bonne journée. Évitez de tester après un WOD très difficile, après une grosse séance jambes, après une mauvaise nuit, malade ou fortement déshydraté. Vous cherchez à mesurer votre endurance, pas votre niveau de fatigue après une semaine catastrophique.

Étape 2 : choisissez un environnement stable. Le plus simple reste le tapis roulant : vitesse constante, pas de vent, pas de montée, pas de descente. Vous pouvez également utiliser un BikeErg, un vélo indoor ou un autre ergomètre adapté.

Étape 3 : utilisez une ceinture cardiaque si possible. Une montre optique au poignet est très pratique au quotidien. Mais pour un test où vous cherchez à analyser quelques battements de différence, une ceinture thoracique fiable est généralement préférable.

Étape 4 : échauffez-vous progressivement. Prenez 10 à 15 minutes pour augmenter progressivement l’intensité. Votre fréquence cardiaque doit avoir le temps de se stabiliser.

Étape 5 : choisissez une intensité réaliste. Ne partez pas sur « l’allure que j’aimerais avoir en Zone 2 ». Choisissez l’allure que vous pensez pouvoir maintenir environ une heure de manière relativement confortable. C’est très différent.

Étape 6 : stabilisez la vitesse. Une fois la vitesse cible choisie, ne changez plus l’allure. Si vous accélérez et ralentissez en permanence, vous ne testez plus correctement la relation entre l’output et la réponse cardiaque.

Étape 7 : maintenez environ 60 minutes, si votre niveau le permet. Vous pourrez ensuite comparer la première moitié à la deuxième.

Deux exemples de test

Test A. Vitesse 10 km/h. Première moitié 140 bpm, deuxième moitié 144 bpm. Dérive : (144 − 140) ÷ 140 × 100 = 2,9 %. Dans la logique Johnston, vous étiez probablement sous la limite recherchée. Vous pourriez éventuellement tester légèrement plus haut lors d’une prochaine évaluation.

Test B. Vitesse 10 km/h. Première moitié 140 bpm, deuxième moitié 153 bpm. Dérive : 9,3 %. Cela suggère une stabilité cardiovasculaire nettement moindre. Mais avant de conclure à une allure trop élevée, vérifiez la température, l’hydratation, la fatigue et la qualité du test.

Le test doit être reproductible avant d’être sophistiqué

C’est probablement plus important que la précision du calcul.

Supposons que vous effectuiez votre premier test dehors par 10 °C sur terrain plat, le deuxième dehors par 28 °C sur terrain vallonné, et le troisième sur tapis à 20 °C. Comparer les trois résultats au battement près n’a pas beaucoup de sens.

Essayez de reproduire la même modalité, le même parcours ou appareil, un horaire similaire, une température similaire, une hydratation similaire et le même placement dans la semaine. Plus les conditions sont proches, plus la comparaison devient intéressante.

Pourquoi suivre la progression plutôt que chercher un chiffre parfait

Imaginez votre premier test en janvier : 140 bpm pour 6:30/km, avec une dérive importante. Quelques semaines d’entraînement plus tard, en mars : 140 bpm pour 6:10/km avec une faible dérive. Puis en juin : 140 bpm pour 5:50/km avec une stabilité similaire.

Voilà ce qui compte. Pas de savoir si votre premier seuil exact se situe à 141 ou 143 bpm. Ce qui compte est que vous produisez beaucoup plus de vitesse pour un coût cardiovasculaire similaire.

C’est exactement le principe développé dans notre guide sur la capacité aérobie : la progression ne consiste pas seulement à augmenter votre vitesse maximale, elle consiste aussi à faire devenir facile ce qui était auparavant difficile.

Pourquoi la dérive est particulièrement intéressante en HYROX

En HYROX, la question n’est pas seulement « pouvez-vous courir vite ? » mais « pouvez-vous continuer à courir vite après avoir accumulé de la fatigue ? ».

Vous effectuez successivement 1 km de course, puis le SkiErg, puis 1 km, puis le Sled Push, puis 1 km, puis le Sled Pull, et ainsi de suite jusqu’aux Wall Balls. La fatigue cardiovasculaire, musculaire, neuromusculaire et thermique augmente progressivement.

Le problème du départ trop rapide

Imaginez que votre allure cible soit 5:00/km. Sur le premier kilomètre, vous êtes frais, cette allure semble presque facile. Vous décidez alors de courir à 4:45.

Le problème ? Vous ne préparez pas uniquement le kilomètre actuel. Vous préparez les sept suivants et huit stations. Une intensité légèrement trop élevée au début peut devenir extrêmement coûteuse lorsque les kilomètres et les ateliers s’accumulent.

En compétition, votre fréquence cardiaque va évidemment évoluer. Vous ne cherchez pas à la maintenir parfaitement plate. En revanche, vous souhaitez limiter l’effondrement de votre vitesse.

Un profil de course qui passe de 4:50 à 5:03 sur les huit portions est généralement beaucoup plus intéressant qu’un profil qui part à 4:20 et termine à 5:35.

Votre moteur doit absorber les stations

Un gros moteur aérobie ne sert pas uniquement à courir. Il participe également à votre capacité à récupérer après le Sled Push, à reprendre votre respiration après les burpees, à retrouver une foulée économique et à maintenir l’allure avec des jambes déjà fatiguées.

C’est précisément la logique de notre format Hybrid Race, qui combine course, SkiErg, rameur, traîneau, sandbag et kettlebell. Le sujet est développé dans ce que la science nous apprend sur la préparation HYROX.

La dérive cardiaque chez un pratiquant CrossFit

Le phénomène est également intéressant chez les pratiquants de CrossFit.

Imaginez un sportif très puissant : excellent sur 500 m de rameur, excellent sur 20 calories de Bike, excellent sur un WOD de 8 minutes.

Mais demandez-lui 45 minutes de BikeErg facile. Il commence à 135 bpm. Vingt minutes plus tard, il est à 155 bpm, à puissance identique.

Cela peut révéler que son organisme est beaucoup moins efficace lorsqu’il doit maintenir une production d’énergie prolongée. Pas toujours, mais c’est une piste intéressante.

Cela ne signifie pas qu’il faut arrêter le CrossFit ou le HIIT. L’objectif n’est pas de dire que l’intensité est mauvaise : elle possède une place importante dans la programmation. Le problème apparaît lorsque quasiment toute la semaine est constituée de séances coûteuses. Dans ce cas, le sportif possède peu d’espace pour développer du volume, de l’endurance facile et de la récupération.

La solution peut donc être de remplacer une partie de l’intensité plutôt que d’ajouter encore davantage d’entraînement.

Pourquoi une séance facile devient parfois progressivement difficile

Vous partez pour 60 minutes faciles. Les 20 premières minutes, votre perception d’effort est à 2 sur 10. À 40 minutes, 3 sur 10. À 60 minutes, 5 sur 10. Même allure.

Cela illustre une idée fondamentale : l’intensité d’un effort ne dépend pas uniquement de la vitesse instantanée. Elle dépend aussi de combien de temps vous devez maintenir cette vitesse.

Dire « 6:00/km est mon allure Zone 2 » est pratique, mais pas complètement exact. Parce que 6:00/km après 10 minutes n’est pas la même situation que 6:00/km après 90 minutes. Et 6:00/km à 8 °C n’est pas équivalent à 6:00/km à 32 °C.

Vos zones représentent une réponse physiologique, pas simplement une vitesse enregistrée dans votre montre.

Pourquoi la chaleur doit modifier votre entraînement

Vous avez prévu 45 minutes à 5:45/km. Mais il fait 31 °C. Vous essayez malgré tout de tenir le plan. Votre FC monte. Vous vous dites que vous êtes obligé de tenir l’allure prévue.

C’est une erreur. Dans certaines conditions, ralentir est précisément ce qui vous permet de respecter l’objectif physiologique de la séance.

Même logique avec la fatigue : votre séance de jeudi n’existe pas indépendamment du squat de lundi, des intervalles de mardi, du sommeil de mercredi, de votre stress professionnel et de votre alimentation.

Si votre FC est exceptionnellement élevée pour votre allure habituelle, ne forcez pas nécessairement pour « sauver la séance ». Demandez-vous d’abord ce que cette réponse vous dit aujourd’hui.

8 facteurs qui peuvent faire monter votre fréquence cardiaque pour la même allure

Avant de conclure que vous avez perdu votre endurance, vérifiez :

  1. La chaleur. Plus la thermorégulation devient difficile, plus la contrainte cardiovasculaire peut augmenter.
  2. La déshydratation. Elle peut accentuer la contrainte cardiovasculaire, notamment pendant l’exercice prolongé et dans la chaleur.
  3. La fatigue. Une mauvaise récupération peut modifier vos sensations et votre réponse à une séance donnée.
  4. Le terrain. Une légère pente suffit à modifier le coût énergétique.
  5. Le vent. Même allure GPS ne signifie pas même coût énergétique.
  6. La durée. La réponse cardiovasculaire évolue avec le temps.
  7. Votre intensité réelle. Vous êtes peut-être simplement parti trop vite.
  8. La qualité de votre capteur. Avant d’interpréter une anomalie physiologique, vérifiez qu’elle n’est pas simplement technologique.

Peut-on faire le test sur BikeErg ou rameur ?

Oui, avec une nuance. L’avantage du BikeErg est considérable : vous pouvez contrôler très facilement la puissance. Par exemple 150 watts constants. Vous observez ensuite la fréquence cardiaque nécessaire pour maintenir ces 150 watts. C’est extrêmement propre méthodologiquement.

Exemple : à 150 W, première moitié 130 bpm, deuxième moitié 134 bpm. Quelques mois plus tard, vous testez 170 W et obtenez 131 puis 135 bpm. Votre organisme produit désormais 20 watts supplémentaires pour un coût cardiovasculaire très proche.

Attention néanmoins à la spécificité : votre seuil en BikeErg n’est pas nécessairement identique à votre seuil en course. Le mouvement, la masse musculaire sollicitée, la position et les contraintes mécaniques sont différents.

Peut-on améliorer sa dérive cardiaque ?

On ne cherche pas nécessairement à supprimer toute dérive : une certaine dérive est physiologique. L’objectif est plutôt de développer suffisamment votre endurance pour que, dans des conditions comparables, une puissance donnée devienne plus soutenable.

1. Accumuler du travail à faible intensité. Les séances faciles permettent d’accumuler beaucoup de temps d’exercice sans produire autant de fatigue que des séances très intenses. Par exemple 45 minutes le mardi, 50 minutes le jeudi, 70 minutes le dimanche.

2. Augmenter progressivement le volume. Si vous faites actuellement 90 minutes d’endurance par semaine, ne passez pas brutalement à 6 heures. Vous devez laisser le temps à vos muscles, tendons et articulations de tolérer le nouveau volume.

3. Ajouter du travail au seuil lorsque la base est suffisante. Des séances comme 3 × 8 minutes, 4 × 6 minutes ou 2 × 15 minutes à intensité contrôlée peuvent ensuite aider à développer votre capacité à maintenir des puissances supérieures.

4. Conserver une dose de haute intensité. VO₂max, intervalles, WOD, séances spécifiques : tout cela peut avoir sa place, mais à la bonne dose.

5. Continuer à travailler votre force. Pour HYROX et les sports hybrides, développer le moteur ne doit pas signifier abandonner le squat, le hinge, les carries, les lunges, le sled et le travail unilatéral. Votre objectif est d’être endurant et fort.

Exemple de progression sur 12 semaines

  • Semaine 1 : 6:15/km, de 140 à 150 bpm. Dérive importante.
  • Semaine 6 : 6:15/km, de 137 à 143 bpm. Déjà plus stable.
  • Semaine 12 : 5:55/km, de 139 à 144 bpm.

Voilà un résultat beaucoup plus intéressant que « ma FC moyenne a baissé de trois battements ». Vous courez 20 secondes par kilomètre plus vite avec une stabilité cardiovasculaire supérieure.

Le test ne doit jamais devenir une compétition

C’est probablement l’erreur numéro un. Un Heart Rate Drift Test n’est pas « voyons quelle vitesse maximale je peux tenir une heure ». C’est exactement l’inverse : vous cherchez une intensité suffisamment contrôlée pour étudier sa stabilité.

Si vous terminez le test à bout de souffle, en sprint, incapable de parler, vous avez transformé un test aérobie en contre-la-montre.

Les 7 erreurs à éviter lors d’un test de dérive

  1. Tester en pleine chaleur puis comparer avec un test réalisé en hiver.
  2. Modifier constamment l’allure.
  3. Utiliser un capteur cardiaque peu fiable.
  4. Tester après une séance jambes.
  5. Croire que 5,1 % est mauvais et 4,9 % parfait. Les seuils biologiques ne fonctionnent pas ainsi.
  6. Ignorer l’hydratation et la température.
  7. Chercher à battre son dernier test. Votre objectif est de mesurer, pas de performer.

Que faire si votre dérive reste élevée ?

Avant d’ajouter des intervalles supplémentaires, posez-vous plusieurs questions. Mon volume d’endurance est-il suffisant ? Mes séances faciles sont-elles réellement faciles ? Est-ce que je récupère correctement ? Est-ce que je réalise trop de séances difficiles ? Mes conditions de test sont-elles comparables ? Ai-je progressé en allure malgré tout ?

Puis réévaluez le facteur limitant.

Quand une hausse de fréquence cardiaque doit vous alerter

La dérive cardiaque décrite dans cet article est progressive et survient dans le contexte d’un exercice prolongé. Elle ne doit pas servir à banaliser n’importe quelle anomalie.

Une augmentation brutale ou inhabituelle accompagnée notamment de douleur thoracique, de malaise, de vertiges importants, de palpitations inhabituelles ou d’un essoufflement disproportionné n’est pas quelque chose à analyser comme un « mauvais score de Zone 2 ».

Dans ce contexte, arrêtez l’effort et demandez un avis médical adapté.

Comment nous utilisons cette logique chez A.WAY Dijon

Chez A.WAY à Quetigny, notre objectif n’est pas simplement de regarder combien votre cœur bat. Nous cherchons à comprendre la relation entre ce que vous êtes capable de produire et ce que cette performance demande à votre organisme.

C’est particulièrement intéressant pour la reprise du sport, la course à pied, le HYROX, l’Hybrid Race, le CrossFit ou le développement du cardio.

A.WAY est installé au 2 rue de la Broche à Quetigny, à proximité de Dijon. Le studio propose notamment du coaching individuel et des séances de groupe en WOD, HIIT et Hybrid Race.

Deux sportifs, même fréquence cardiaque, deux besoins différents

Prenons deux athlètes qui courent tous les deux à 140 bpm.

Athlète A : allure 6:40/km, et après 45 minutes il est à 155 bpm.

Athlète B : allure 5:30/km, et après 45 minutes il est à 144 bpm.

Le chiffre de départ est identique. Mais leurs profils sont complètement différents.

C’est pourquoi une fréquence cardiaque isolée n’est presque jamais suffisante pour programmer quelqu’un. Nous voulons savoir à quelle allure, pendant combien de temps, avec quelle dérive, avec quelle perception d’effort et avec quelle récupération.

Le véritable indicateur : combien de performance produisez-vous pour un coût donné ?

Ne cherchez pas uniquement « comment faire baisser ma fréquence cardiaque ». Cherchez « comment produire davantage de performance pour une réponse physiologique similaire ».

Avant : 140 bpm pour 6:30/km. Plus tard : 140 bpm pour 5:50/km.

Vous n’avez pas simplement un cœur qui bat moins vite. Vous avez un moteur capable de faire davantage de travail.

Vous voulez mesurer votre moteur à Dijon ?

Vous avez l’impression que votre fréquence cardiaque monte trop vite, que vous perdez beaucoup d’allure avec la durée, que vous êtes performant sur les WOD courts mais beaucoup moins en endurance, ou que vos kilomètres s’effondrent progressivement pendant un HYROX ?

Le problème n’est pas nécessairement « un manque de cardio ». Il faut identifier plus précisément ce qui vous limite.

Chez A.WAY Quetigny, près de Dijon, nous cherchons à distinguer la capacité aérobie, la course, la force, l’endurance musculaire, la récupération et la capacité à maintenir la course après les stations.

Réserver mon bilan sportif : identifions votre véritable facteur limitant avant d’ajouter davantage d’entraînement.

Sources scientifiques

Wingo J.E., Ganio M.S., Cureton K.J. (2012). Cardiovascular drift during heat stress: implications for exercise prescription. Exercise and Sport Sciences Reviews.

Wingo J.E. et al. (2015). Exercise intensity prescription during heat stress: A brief review. Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports.

A new perspective on cardiovascular drift during prolonged exercise (2021). Revue détaillant les mécanismes potentiels associés à la diminution du volume d’éjection systolique.

Coyle E.F. (1998). Cardiovascular drift during prolonged exercise and the effects of dehydration. International Journal of Sports Medicine.

Adams W.M. et al. (2014). Influence of body mass loss on changes in heart rate during exercise in the heat: a systematic review.

Johnston S. (2022). Updated Thinking on Aerobic Assessment for Mountain Athletes. Evoke Endurance.

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Questions fréquentes

Pourquoi ma fréquence cardiaque augmente-t-elle alors que je cours à la même vitesse ?

Pendant un effort prolongé, la fréquence cardiaque peut progressivement augmenter alors que l'allure reste stable. Ce phénomène appelé dérive cardiovasculaire s'accompagne généralement d'une diminution du volume d'éjection systolique. La chaleur, la déshydratation, la durée et l'intensité peuvent accentuer cette réponse.

Est-il normal que ma fréquence cardiaque augmente pendant un footing ?

Une certaine augmentation progressive peut être physiologique lors d'un effort prolongé. Son importance dépend notamment de l'intensité, de la température, de l'hydratation et de votre niveau d'entraînement.

Pourquoi mon cardio est-il plus haut quand il fait chaud ?

La chaleur augmente les contraintes de thermorégulation. La fréquence cardiaque peut donc augmenter de manière disproportionnée par rapport à l'allure ou à la puissance maintenue.

Qu'est-ce qu'un Heart Rate Drift Test ?

Il s'agit d'un test terrain consistant à maintenir une vitesse ou une puissance stable pendant un effort prolongé puis à observer l'évolution de la fréquence cardiaque. Scott Johnston utilise ce principe pour estimer approximativement le premier seuil de ses athlètes.

Quelle dérive cardiaque est considérée comme bonne ?

Il n'existe pas de chiffre universel validé permettant de classer tous les sportifs. Scott Johnston utilise environ 5 % comme repère terrain dans son protocole. Cette valeur doit être considérée comme un outil de coaching et non comme une frontière physiologique absolue.

Une dérive supérieure à 5 % signifie-t-elle que mon endurance est mauvaise ?

Non. Elle peut également être influencée par la chaleur, la déshydratation, la fatigue ou les conditions du test. Il faut interpréter le résultat dans son contexte et idéalement comparer plusieurs tests réalisés dans des conditions similaires.

Peut-on faire un test de dérive cardiaque sur vélo ?

Oui. Un vélo ou BikeErg permet même de maintenir très précisément une puissance stable. En revanche, les résultats obtenus ne doivent pas nécessairement être transposés directement à la course.

Comment réduire ma dérive cardiaque ?

Une meilleure endurance, un pacing approprié et de meilleures conditions d'hydratation et de température peuvent contribuer à améliorer la stabilité de la relation entre fréquence cardiaque et output. L'objectif n'est toutefois pas nécessairement de supprimer toute dérive.

A.WAY · Quetigny, près de Dijon

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Andy Poiron, fondateur et coach d'A.WAY à Quetigny
Écrit par

Andy Poiron

Fondateur et coach, A.WAY Quetigny

Andy a fondé A.WAY à Quetigny en 2012, le plus ancien studio de coaching de la métropole dijonnaise. Coach sport et nutrition, il accompagne particuliers, sportifs et dirigeants vers une transformation durable, autour de quatre piliers : entraînement, nutrition, sommeil et gestion du stress.

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