Digestion · Guide pratique

Gut training : entraîner
son système digestif

Votre cardio tient. Vos jambes tiennent. Mais dès que vous ajoutez des gels : nausées, ventre gonflé, reflux. Ce n'est pas forcément définitif.

De la même manière que vos muscles s'adaptent à la charge, votre système digestif peut s'adapter à des contraintes nutritionnelles répétées. C'est ce qu'on appelle le gut training.

La réponse rapide

Ce que dit la recherche

Le gut training consiste à exposer régulièrement le système digestif aux quantités d'aliments, de liquides et de glucides que vous voulez tolérer en compétition. Les données disponibles suggèrent que des protocoles répétés peuvent réduire certains symptômes digestifs, améliorer la tolérance à l'alimentation pendant l'effort, réduire la malabsorption des glucides dans certaines études, et aider à atteindre des apports plus élevés.

Une revue systématique publiée dans Sports Medicine en 2023 a identifié huit études utilisant des protocoles de gut training ou de feeding challenge sur 4 à 28 jours. Dans certaines d'entre elles, deux semaines d'exposition répétée aux glucides pendant l'exercice ont diminué l'inconfort digestif d'environ 47 % et réduit la malabsorption glucidique de 45 à 54 %. Toutes les études n'ont toutefois pas retrouvé les mêmes bénéfices.

Le consensus publié en 2025 par Sports Dietitians Australia et l'Ultra Sports Science Foundation classe désormais le gut training parmi les stratégies présentant les résultats les plus cohérents pour certains troubles gastro-intestinaux associés à l'exercice.

La nuance importante

Le gut training n'est pas « je transforme mon intestin en machine capable de tout digérer ». Les chercheurs n'ont pas observé de modifications cohérentes de tous les paramètres étudiés, notamment sur certains marqueurs d'intégrité intestinale ou de vidange gastrique. Il s'agit d'une adaptation progressive de la tolérance et de certaines fonctions, pas d'une transformation.

Cet article approfondit un chapitre de notre guide complet de nutrition sportive à Dijon, et prolonge directement celui sur combien de glucides consommer par heure pendant l'effort.

Le problème

Pourquoi on a mal au ventre en courant

Les troubles digestifs pendant l'effort n'ont pas une seule cause. Ils combinent des facteurs physiologiques, mécaniques, nutritionnels, l'hydratation, l'intensité, la chaleur et la sensibilité individuelle. Les symptômes vont du reflux et des éructations à la sensation d'estomac plein, aux nausées, ballonnements, crampes abdominales, urgences et diarrhées.

Les efforts longs ou intenses peuvent réduire temporairement le flux sanguin disponible pour le système digestif. Une revue de 2025 rappelle que les efforts intenses et prolongés provoquent des symptômes via l'hypoperfusion splanchnique, les contraintes mécaniques et différentes réponses neuroendocrines.

Pourquoi la course pose plus de problèmes que le vélo

Le running cumule l'intensité, la redistribution du flux sanguin, les impacts répétés, les mouvements verticaux, parfois la chaleur, et l'ingestion d'aliments en mouvement. C'est pourquoi un sportif peut parfaitement digérer 60 g de glucides par heure sur un vélo et rencontrer de vraies difficultés à la même dose en course à pied.

Votre stratégie doit être testée dans la discipline où vous l'utiliserez.

Que se passe-t-il quand les glucides sont mal absorbés ?

Une partie des glucides consommés peut rester temporairement dans l'intestin au lieu d'être absorbée assez vite. Cela augmente la présence de solutés, le volume intestinal, les sensations de ballonnement et l'inconfort. Les solutions très concentrées et les apports mal adaptés contribuent donc aux troubles digestifs, tandis que l'utilisation de glucides empruntant plusieurs transporteurs et l'entraînement digestif améliorent la situation.

Pour qui

Le gut training n'est pas utile à tout le monde

C'est une nuance importante pour éviter de compliquer inutilement sa nutrition. Si vous faites trois séances de musculation par semaine, des WOD de 30 minutes, des footings de 45 minutes ou des entraînements hybrides d'une heure, vous n'avez probablement aucun besoin d'un protocole visant à tolérer 100 g de glucides par heure.

Il devient intéressant quand vos compétitions sont longues, quand vous devez consommer beaucoup de glucides, quand vous rencontrez régulièrement des problèmes digestifs, quand votre apport pendant les courses est actuellement trop faible, ou quand votre objectif de performance exige une stratégie plus ambitieuse.

  • Coureur sur route : apprendre à consommer régulièrement gels et boissons, du semi-marathon au marathon.
  • Traileur : maintenir l'apport malgré la durée, les changements d'intensité et les variations alimentaires.
  • Ultra-traileur : le système digestif devient presque une compétence de performance à part entière.
  • Cycliste : augmenter progressivement l'apport sur les longues sorties et compétitions.
  • Triathlète : absorber beaucoup d'énergie sur le vélo avant d'enchaîner avec la course.
  • Course hybride : surtout quand les séances ou événements deviennent assez longs pour nécessiter une stratégie pendant l'effort.

Et pour un HYROX ?

Le gut training extrême est probablement moins important que pour un marathon ou un ultra, parce que l'épreuve est plus courte. Pour beaucoup de participants, la nutrition avant la course, quelques glucides pendant et une hydratation correcte suffisent.

Le concept reste utile pour ceux qui mettent longtemps à terminer, tolèrent mal les gels, veulent prendre une source glucidique avant ou pendant, participent à plusieurs efforts dans la journée, ou utilisent les séances hybrides comme préparation à d'autres épreuves d'endurance. Dans ce contexte, il ne s'agit pas d'apprendre à tolérer 90 g/h, mais simplement de tolérer une compote ou un gel sans reflux pendant les burpees et les fentes.

Les deux principes

Reproduire, puis progresser

Principe 1 : reproduire ce que vous ferez en compétition

Votre entraînement digestif doit ressembler à votre stratégie de course. Si le jour du marathon vous prévoyez un gel toutes les 30 minutes, une boisson spécifique et une certaine quantité d'eau, vous devez répéter exactement cela pendant vos sorties spécifiques.

Principe 2 : progresser plutôt que forcer

Le gut training n'est pas « plus je mange jusqu'à avoir mal au ventre, plus mon intestin devient fort ». Cette logique serait mauvaise. L'objectif est une augmentation progressive et tolérée.

Peut-on augmenter de 10 g de glucides chaque semaine ? C'est une possibilité pratique, pas une recommandation universelle. Cela peut fonctionner chez une personne, tandis qu'une autre aura besoin de rester deux ou trois semaines à 50 g/h, et qu'une troisième n'aura aucun intérêt à dépasser 60 g/h. La progression dépend de votre objectif, de vos symptômes, de votre sport, de la durée de la compétition et de votre tolérance.

Faut-il en faire à chaque séance ?

Non. Si vous préparez un marathon avec footing facile, fractionné, tempo et sortie longue, utilisez principalement les séances longues et spécifiques. Vous n'avez pas besoin de consommer 80 g/h pendant chaque footing de récupération de 40 minutes. Le gut training fait partie de la préparation spécifique, votre sortie longue devient simultanément un entraînement musculaire, cardiovasculaire et digestif.

Une précision utile : le gut training ne consiste pas à manger un énorme repas puis à aller courir volontairement avec l'estomac plein. Les études portent sur des expositions contrôlées et répétées aux nutriments ou aux liquides avant ou pendant l'exercice. Provoquer délibérément de gros troubles digestifs n'apporte rien.

Un exemple de progression

Six semaines pour passer de 30 à 75 g/h

Il n'existe pas de protocole officiel validé pour tous. Ceci est un exemple pratique, à adapter au besoin individuel.

Semaines 1 et 2 Stabiliser à 40 à 45 g/h Une séance spécifique par semaine, mêmes produits, même concentration, rythme régulier. Objectif : aucune gêne significative.
Semaine 3 Augmenter légèrement, 50 à 55 g/h Gardez les mêmes produits. Ne changez pas en même temps le petit déjeuner, la boisson ou la caféine.
Semaine 4 Se rapprocher de la cible, 60 à 65 g/h Sur une sortie assez longue pour tester réellement. Fractionnez : 20 g toutes les 20 minutes plutôt que 60 g d'un coup.
Semaine 5 Spécifique compétition, 70 à 75 g/h Chaussures de course, petit déjeuner prévu, gels prévus, boisson prévue, même horaire si possible. Vous répétez votre journée de course.
Semaine 6 Répétition générale Votre stratégie cible sur 2 heures. Ni nausée, ni ballonnement important, ni reflux, ni diarrhée : la stratégie est validée.

Si vous avez des symptômes importants à une étape, ne montez pas davantage. Cherchez d'abord pourquoi.

Une alternative : augmenter la fréquence avant la quantité

Vous pouvez parfois améliorer votre tolérance simplement en répartissant davantage vos prises. Plutôt que 60 g en une fois chaque heure, essayez 20 g toutes les 20 minutes, ou 15 g toutes les 15 minutes. Cette approche aide aussi à maintenir un apport plus régulier.

Elle doit rester praticable : sur une course de 10 heures, consommer quelque chose toutes les cinq minutes devient mentalement impossible. Votre plan doit être physiologique et applicable.

Peut-on entraîner sa capacité à boire ?

Oui, dans une certaine mesure. Le volume de liquide est aussi une contrainte digestive, et certaines interventions de la revue de 2023 ont utilisé des expositions répétées aux liquides avec une diminution de l'inconfort dans certaines conditions. C'est utile si vous ne buvez presque rien à l'entraînement puis tentez de boire beaucoup en compétition.

Gut training n'est pas surhydratation

Apprendre à boire pendant l'effort ne signifie pas se forcer à consommer des quantités énormes. Le volume doit rester adapté à vos pertes, à votre soif, aux conditions et à votre tolérance. Une surconsommation importante de liquide augmente le risque d'hyponatrémie associée à l'exercice, qui est une urgence médicale potentielle. Le gut training n'annule pas cette règle, comme nous le détaillons dans notre guide sur l'hydratation et les électrolytes pendant l'effort.

Mesurer

Comment savoir si ça fonctionne ?

Ne regardez pas uniquement votre performance. Suivez vos symptômes.

Après chaque séance spécifique, notez de 0 à 10 : nausée, ballonnement, reflux, crampes abdominales, envie d'aller aux toilettes, sensation d'estomac plein. Puis relevez les glucides consommés par heure, la quantité de liquide, les produits utilisés, la température, la durée et l'intensité. Au bout de quelques semaines, les tendances apparaissent.

SéanceGlucides/hLiquide/hSymptômesTolérance
Sortie 1 h 30 40 g 500 ml Légère lourdeur Bonne
Sortie 1 h 45 50 g 500 ml Aucun Très bonne
Sortie 2 h 60 g 600 ml Légère nausée Moyenne
Sortie 2 h 60 g 500 ml Aucun Très bonne
Sortie 2 h 15 70 g 550 ml Aucun Très bonne

Ce type de suivi révèle parfois que le problème n'était pas les 60 g de glucides, mais 60 g plus trop de liquide, ou un produit en particulier.

Ne changez jamais cinq variables à la fois

C'est la règle la plus importante de tout l'article. Si vous modifiez en même temps la quantité de glucides, la marque de gel, la quantité d'eau, la caféine et le petit déjeuner, et que vous avez mal au ventre, vous ne saurez jamais pourquoi.

Changez une variable à la fois. Semaine 1 : même produit, plus de glucides. Semaine 2 : même quantité, autre boisson. C'est comme ça qu'on apprend réellement quelque chose.

Pendant la phase d'apprentissage, garder toujours les mêmes gels est très utile : vous éliminez une variable. Une fois votre base établie, vous pourrez tester d'autres textures, marques, boissons, chews ou aliments solides.

La concentration compte aussi

Ajouter toujours plus de poudre dans une petite gourde pour atteindre votre objectif n'est pas une bonne idée : une boisson très concentrée est plus difficile à tolérer. Mieux vaut répartir entre gels, boisson et aliments plutôt que transformer 500 ml d'eau en sirop. La littérature identifie d'ailleurs l'osmolarité et la concentration des solutions parmi les facteurs influençant la tolérance digestive.

Même logique pour l'eau avec les gels : certains sont conçus pour être accompagnés d'eau, d'autres non. Testez exactement la combinaison prévue pour votre compétition. Avaler trois gels concentrés sans eau alors que vous les prenez toujours avec une gourde change complètement la donne. Et si vous prévoyez des gels caféinés le jour J, testez-les aussi : la caféine peut provoquer nervosité, reflux, accélération du transit et inconfort digestif.

Ce qu'on supprime à tort

Fibres, FODMAP, gluten et probiotiques

Faut-il réduire les fibres avant une compétition ?

Chez un sportif qui souffre régulièrement de symptômes, réduire temporairement certains aliments très riches en fibres peut aider. Il ne s'agit pas de les supprimer de votre alimentation quotidienne, mais juste avant une longue compétition, certains tolèrent mieux du riz blanc que des céréales très complètes, des légumes cuits que de gros volumes de crudités, et des repas simples.

Une revue systématique de 2024 conclut que les stratégies associant gut training, réduction ponctuelle de certains aliments riches en fibres et, dans certains cas, approche low-FODMAP, pourraient réduire les symptômes chez certains sportifs d'endurance.

Et les FODMAP ?

Ce sont certains glucides fermentescibles pouvant provoquer des symptômes chez des personnes sensibles. Une stratégie temporairement plus pauvre en FODMAP peut être pertinente en cas de ballonnements, diarrhées, douleurs abdominales ou symptômes répétés sur les longues compétitions. Le consensus 2025 la cite parmi les interventions aux données les plus cohérentes dans certains cas.

Mais cela ne veut pas dire qu'un régime low-FODMAP est nécessaire chez tous les sportifs. C'est une stratégie ciblée, restrictive, qui gagne à être utilisée quand une indication existe et idéalement encadrée.

Faut-il supprimer le gluten ?

Pas automatiquement, et c'est une confusion très fréquente. Certaines personnes suppriment gluten, produits laitiers, légumineuses et beaucoup de fruits sans avoir jamais identifié ce qui provoque réellement leurs symptômes. La revue systématique de 2024 n'a pas retrouvé de données soutenant l'usage systématique d'un régime sans gluten pour réduire les troubles gastro-intestinaux chez les sportifs d'endurance, en dehors d'une indication spécifique.

Ne confondez pas gut training et suppression de la moitié de votre alimentation.

Et les probiotiques, et les gels hydrogel ?

Les probiotiques sont souvent vendus comme la solution aux problèmes digestifs des sportifs. Les données sont bien moins solides que le marketing : le consensus 2025 rapporte des résultats insuffisamment cohérents et ne les classe pas parmi les stratégies les mieux établies.

Quant aux produits hydrogel, ils peuvent convenir à certains sportifs, mais les données actuelles ne permettent pas d'affirmer une supériorité systématique sur les produits glucidiques standards. La meilleure option reste souvent celle que vous tolérez et que vous avez entraînée.

Quatre cas concrets

Selon votre épreuve

Semi-marathon, 1 h 50
  • Objectif40 à 50 g/h
  • En pratiqueUn gel au début, un gel plus tard, quelques gorgées de boisson

Pas besoin de construire un gut training à 100 g/h. La simplicité suffit largement.

Marathon, 3 h 45
  • Objectif60 à 75 g/h
  • Progression40, puis 50, puis 60, puis 70 à 75 g/h

Votre sortie longue devient votre laboratoire. C'est là que tout se teste.

Ultra-trail, 10 h
  • À tolérerGlucides, boissons, solides, sodium, volumes importants
  • Le vrai enjeuContinuer à manger quand vous n'en avez plus envie

Ici le gut training devient une compétence de performance à part entière.

HYROX, 1 h 30
  • Problème typeUn gel 15 min avant provoque du reflux
  • À testerAutre timing, autre quantité, autre produit, plus d'eau

Objectif : zéro problème digestif. Pas un protocole d'ultra-marathon.

Jusqu'où faut-il aller ?

Ne partez jamais du principe que le chiffre le plus élevé est le meilleur. Si votre course dure 1 h 30, vous n'avez pas besoin du protocole d'un cycliste professionnel qui roule six heures. Pour beaucoup de sportifs, 30 à 60 g/h suffisent. Sur les efforts plus longs, 60 à 90 g/h deviennent intéressants. Certains athlètes très entraînés utilisent 90 à 120 g/h, mais c'est une stratégie avancée.

Le but n'est jamais « je peux manger 120 g/h donc je dois manger 120 g/h ». Il est : quelle quantité améliore réellement ma performance sans créer de problème ?

Le gut training améliore-t-il la performance ?

Potentiellement, surtout indirectement. Imaginez deux marathoniens capables de courir en 3 h 30. Le premier tolère 70 g/h et maintient ses apports du départ à l'arrivée. Le second vise la même chose, mais après deux heures les nausées arrivent, il arrête de manger, l'énergie chute, l'allure baisse et la fin devient difficile.

Son problème n'est pas son entraînement cardiovasculaire. C'est sa capacité à mettre en œuvre sa stratégie énergétique. Le gut training devient alors une composante de la performance à part entière.

Un cadre simple

Quantité, tolérance, spécificité

1
Quantité

De quelle quantité de glucides avez-vous réellement besoin ? 30, 60 ou 90 g/h ? La réponse dépend de votre discipline, pas d'un idéal.

2
Tolérance

Quelle quantité digérez-vous aujourd'hui sans symptôme significatif ? Votre progression commence à ce point précis, pas à zéro ni à la cible.

3
Spécificité

Dans quelles conditions devrez-vous manger ? Course à pied, vélo, HYROX, chaleur, quatre heures d'effort ? L'entraînement digestif doit y ressembler.

Quand consulter

Tous les problèmes digestifs du sportif ne doivent pas être attribués à un « ventre fragile ». Consultez un professionnel de santé si vous présentez notamment :

  • du sang dans les selles ;
  • des douleurs abdominales importantes ;
  • des diarrhées persistantes ou des vomissements répétés ;
  • une perte de poids inexpliquée ;
  • des symptômes également présents en dehors du sport ;
  • des symptômes nouveaux ou de plus en plus importants.

Un protocole de gut training n'est pas destiné à masquer une pathologie digestive. Le consensus 2025 recommande d'ailleurs une évaluation structurée en cas de troubles récurrents ou sévères, avant de simplement multiplier les stratégies nutritionnelles.

À éviter

Dix erreurs fréquentes

1
Attendre le jour de la compétition

Probablement la pire stratégie possible. Votre course ne doit pas être le premier jour où votre intestin découvre votre protocole.

2
Passer directement de 30 à 90 g/h

Plus de gels, plus de liquide, plus de volume d'un coup. Ce n'est pas le moment de découvrir votre tolérance.

3
Changer de gels chaque semaine

Vous rendez l'identification du problème beaucoup plus difficile.

4
Tester uniquement sur vélo avant un marathon

La course ajoute impacts et mouvements verticaux. La tolérance n'est pas transférable telle quelle.

5
Augmenter les glucides et l'eau en même temps

Puis ne plus savoir laquelle des deux variables provoque les symptômes.

6
Penser qu'avoir très mal au ventre fait partie de l'entraînement

Non. L'adaptation doit rester contrôlée. Provoquer des symptômes sévères n'apporte rien.

7
Copier les 120 g/h d'un athlète professionnel

Votre besoin réel n'est peut-être que de 50 g/h.

8
Ne tester que les gels, jamais le repas d'avant-course

Votre petit déjeuner fait partie intégrante du protocole digestif.

9
Ajouter de la caféine le jour J

Elle peut accélérer le transit et provoquer du reflux. Elle se teste comme le reste.

10
Accuser automatiquement le gluten ou les produits laitiers

Cherchez d'abord méthodiquement la cause, avant de supprimer la moitié de votre alimentation.

Questions fréquentes

Gut training : vos questions

Qu'est-ce que le gut training ?
Le gut training est une stratégie consistant à exposer progressivement et régulièrement le système digestif aux aliments, glucides et liquides que l'on souhaite consommer pendant l'effort, afin d'améliorer leur tolérance.
Est-il réellement possible d'entraîner son système digestif ?
Les données disponibles suggèrent que oui, au moins pour certaines fonctions et certains symptômes. Une revue systématique de 2023 rapporte une diminution de l'inconfort digestif et de la malabsorption glucidique après des protocoles répétés chez certains sportifs.
Combien de temps faut-il pour entraîner son intestin ?
Il n'existe pas de durée universelle. Les études incluses dans la revue systématique de 2023 utilisaient des protocoles de 4 à 28 jours, avec certains bénéfices observés après deux semaines d'exposition répétée.
Combien de fois par semaine faut-il faire du gut training ?
Il n'existe pas de fréquence universelle validée. Pour de nombreux sportifs, intégrer la stratégie nutritionnelle aux séances longues ou spécifiques est une approche pratique et suffisante.
Comment commencer le gut training ?
Commencez par mesurer la quantité de glucides que vous tolérez actuellement pendant l'effort, puis augmentez progressivement, uniquement si votre objectif le nécessite.
Peut-on entraîner son intestin à consommer 90 g de glucides par heure ?
Oui, certains sportifs peuvent progressivement apprendre à tolérer des apports élevés. Cela doit cependant être nécessaire pour la discipline, et construit progressivement.
Pourquoi les gels me donnent-ils mal au ventre ?
Plusieurs causes sont possibles : quantité trop élevée, concentration, manque ou excès de liquide, produit spécifique, intensité de l'effort, caféine, repas précédent ou sensibilité digestive. Une approche méthodique, en changeant une variable à la fois, est nécessaire.
Faut-il prendre un gel avec de l'eau ?
Cela dépend du produit et de sa formulation. Suivez les recommandations du fabricant, et testez la combinaison exacte prévue pour votre compétition.
Le low-FODMAP est-il utile pour les sportifs ?
Il peut réduire certains symptômes chez des sportifs sensibles, mais il s'agit d'une stratégie ciblée et temporaire, pas d'un régime à appliquer à tous. Le consensus 2025 le cite parmi les stratégies pertinentes dans certains contextes.
Faut-il supprimer le gluten si j'ai mal au ventre en courant ?
Pas automatiquement. Une revue systématique de 2024 n'a pas retrouvé de données soutenant une alimentation sans gluten pour prévenir les symptômes gastro-intestinaux chez les sportifs d'endurance, en l'absence d'indication spécifique.
Les probiotiques peuvent-ils remplacer le gut training ?
Non. Les données concernant les probiotiques sont actuellement beaucoup moins cohérentes que celles portant sur certaines stratégies de gut training et de gestion alimentaire.
Le gut training est-il utile pour HYROX ?
Il peut l'être chez les personnes ayant des problèmes digestifs ou souhaitant tester une stratégie glucidique autour de leur compétition. Mais les besoins sont généralement bien moins élevés que pour un marathon ou un ultra.
À Dijon

Tester sa nutrition pendant la préparation

Si vous préparez un marathon, un semi-marathon, un trail, un HYROX, une course hybride ou tout objectif d'endurance, votre nutrition de compétition doit être testée pendant votre préparation, pas découverte le jour J.

Chez A.WAY à Quetigny, le travail associe entraînement, nutrition et récupération, avec notamment une programmation Hybrid Race combinant course, rameur, SkiErg, traîneau, sandbag et kettlebells, et un accompagnement nutrition intégré. Le studio est situé au 2 rue de la Broche à Quetigny, à 10 à 15 min de Dijon centre, et accompagne des pratiquants de la métropole dijonnaise depuis 2012.

Les séances longues ou spécifiques servent alors à tester votre repas pré-entraînement, votre quantité de glucides, vos gels, votre boisson, votre tolérance digestive et la stratégie prévue le jour J. L'objectif n'est pas seulement d'avoir un meilleur cardio, mais de faire en sorte que votre nutrition soit capable de suivre votre niveau physique.

  • Votre système digestif s'adapte lui aussi à l'entraînement.
  • Ne découvrez jamais votre stratégie le jour de la compétition.
  • Augmentez progressivement les glucides, quand votre discipline le nécessite.
  • Entraînez-vous avec les produits et dans les conditions du jour J.
  • Ne cherchez pas 100 g/h si votre sport n'en demande que 50.
  • Des symptômes répétés ou sévères méritent une vraie évaluation, pas davantage de gels.

Le gut training ne consiste pas à apprendre à supporter la douleur digestive. Il consiste à fournir assez d'énergie à votre organisme tout en conservant un système digestif fonctionnel.

Pour aller plus loin

La quantité : combien de glucides par heure. L'amont : que manger avant le sport. L'après : la nutrition de récupération.

Côté entraînement, la préparation HYROX à Dijon et le test du moteur A.WAY pour identifier votre facteur limitant.

Ce guide a une visée informative et ne remplace pas un avis médical ou diététique individualisé.

Pour aller plus loin

Sources scientifiques

  • Martinez I.G., Mika A.S., Biesiekierski J.R., Costa R.J.S. The Effect of Gut-Training and Feeding-Challenge on Markers of Gastrointestinal Status in Response to Endurance Exercise: A Systematic Literature Review, Sports Medicine, 2023. Revue systématique de huit études.
  • Costa R.J.S. et al. Sports Dietitians Australia and Ultra Sports Science Foundation Joint Position Statement, Sports Medicine, 2025. Consensus sur la prévention et la gestion des troubles digestifs associés à l'exercice.
  • Montero-Carrasco K., Arias-Tellez M.J., Soto-Sánchez J. Use of Carbohydrate, Gluten-Free, and FODMAP-Free Diets to Prevent Gastrointestinal Symptoms in Endurance Athletes: A Systematic Review, Nutrients, 2024.
  • Revue systématique sur les stratégies nutritionnelles de réduction des symptômes gastro-intestinaux pendant l'endurance : gut training, glucides, FODMAP, hydrogel et probiotiques.
  • de Oliveira E.P., Burini R.C. Travaux sur les troubles gastro-intestinaux induits par l'exercice et les glucides.
L'auteur

Article écrit par Andy Poiron, coach sportif et nutritionnel, spécialiste de la préparation physique et de l'accompagnement santé. Plus de 20 années d'expérience et plus de 2 000+ personnes accompagnées. Voir l'équipe et l'approche A.WAY →

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