Nutrition

Par quoi remplacer le sucre, vraiment

Miel, sirop d'agave, stévia, érythritol, aspartame : ce que valent vraiment les alternatives au sucre, et pourquoi la vraie réponse n'est pas de le remplacer.

Andy Poiron, fondateur et coach d'A.WAY à Quetigny
Andy Poiron ·6 min de lecture
Alternatives au sucre et gestion des envies sucrées, suivi nutrition au studio A.WAY à Quetigny, près de Dijon.

La demande revient chaque semaine en consultation. La personne a compris qu’elle mange trop de sucre, elle veut arrêter, et elle cherche par quoi le remplacer. Miel, sirop d’agave, stévia, sucre de coco : la liste des candidats est longue et chacun a ses défenseurs.

La réponse honnête est décevante au début, puis libératrice. Chercher un substitut, c’est souvent garder le problème en changeant l’emballage.

Pour comprendre ce que les glucides font réellement au poids, voir les glucides font-ils grossir.

D’où vient le problème

En France, l’essentiel des sucres consommés ne vient pas du sucrier mais des produits transformés : boissons, yaourts aromatisés, céréales, sauces, biscuits, plats préparés. Beaucoup de personnes qui « ne mangent pas sucré » en consomment largement sans le voir, parce que le sucre est ajouté à des produits qui ne le revendiquent pas.

L’OMS recommande de limiter les sucres libres à moins de 10 % des apports énergétiques, avec un bénéfice renforcé en dessous de 5 %. Pour un adulte autour de 2 000 kcal, on parle d’environ 50 g par jour, un seuil qu’une seule boisson sucrée suffit à approcher.

Sur l’idée que le sucre serait une drogue, il faut être précis. Des travaux chez le rongeur ont montré des comportements de préférence marquée pour l’eau sucrée, et l’imagerie montre bien une activation des circuits de la récompense. Mais transposer cela en addiction au sens clinique chez l’humain reste débattu dans la littérature. Ce qui est certain et suffisant pour agir : le sucré appelle le sucré, et l’habitude se construit très vite.

Les fausses bonnes alternatives

Le miel, le sirop d’érable, le sucre de coco, le sirop d’agave. Ils apportent des traces de minéraux et parfois un goût plus intense, ce qui permet d’en mettre un peu moins. Sur le fond, ce sont des sucres. Le sirop d’agave est particulièrement riche en fructose, ce qui ne plaide pas en sa faveur malgré son image. Le piège principal n’est pas nutritionnel, il est psychologique : un produit perçu comme sain se consomme en plus grande quantité.

Les jus de fruits et les purées de dattes. Même logique. La purée de datte a l’avantage d’apporter des fibres, ce qui n’est pas rien, mais elle reste très dense en sucres.

Le sucre complet ou roux. La différence avec le sucre blanc est cosmétique à l’échelle des quantités consommées.

AlternativeIntérêt réelLimite
Miel, érable, cocoGoût plus intense, traces de minérauxReste un sucre, effet de halo santé
Sirop d’agaveIndex glycémique basTrès riche en fructose
Purée de dattesApporte des fibresTrès dense en sucres
Érythritol, xylitolPeu d’effet glycémique, utile en pâtisserieTroubles digestifs, données à surveiller
StéviaPouvoir sucrant élevé, sans caloriesEntretient le goût sucré
Édulcorants intensesUtile en transition sur les boissonsPas de bénéfice poids démontré

Ce que disent les données sur les édulcorants

En 2023, l’OMS a publié une recommandation conditionnelle déconseillant l’usage des édulcorants sans sucre comme moyen de contrôler le poids ou de réduire le risque de maladies non transmissibles, faute de bénéfice durable démontré. La même année, le CIRC a classé l’aspartame comme peut-être cancérogène pour l’homme, une catégorie qui signale une incertitude, pas un danger établi, et les autorités sanitaires ont maintenu les doses journalières admissibles existantes.

Toujours en 2023, une étude a associé des concentrations sanguines élevées d’érythritol à un risque cardiovasculaire accru. Le lien de causalité n’est pas établi, et un usage ponctuel en cuisine ne se compare pas à une consommation quotidienne élevée.

Ce qu’il faut en retenir n’est pas qu’il faut avoir peur, mais que ces produits ne sont pas la solution qu’on leur prête. Passer d’un soda classique à sa version sans sucre est presque toujours un progrès pendant une transition. En faire une consommation quotidienne à vie entretient exactement l’habitude qu’on cherchait à casser.

Ce qui marche vraiment

Commencer par les boissons. C’est le poste le plus rentable et le plus simple. Eau, eau gazeuse, thé, café : le sucre liquide passe inaperçu et ne rassasie pas.

Augmenter les protéines et les fibres. Une grande partie des envies de sucré en fin de journée vient d’un déjeuner insuffisant. Voir protéines, combien par jour et les fibres, le nutriment oublié.

Traiter la fringale de fin d’après-midi comme un problème de structure, pas de volonté. C’est le sujet de arrêter de grignoter à la maison.

Réduire progressivement plutôt que supprimer. Passer de deux sucres à un, puis à zéro, sur quelques semaines. Les suppressions brutales se paient presque toujours par un retour de bâton.

Garder le sucré comme plaisir choisi. Un vrai dessert, apprécié, vaut mieux que six versions allégées consommées sans y penser.

Chez A.WAY, à Quetigny près de Dijon

L’exercice que Sophie fait en premier est un relevé sur trois jours, sans rien changer. Dans la quasi-totalité des cas, le sucre ne vient pas du dessert du dimanche mais d’endroits invisibles : le yaourt aux fruits du matin, la boisson du midi, la barre de l’après-midi, la sauce du soir.

À partir de là, le travail est mécanique. On retire le sucre liquide, on remonte les protéines du déjeuner, et on constate en deux à trois semaines que l’envie de sucré du soir baisse toute seule. Personne n’a eu besoin de volonté, seulement d’un meilleur déjeuner.

Vous pouvez découvrir le bilan nutrition avec Sophie ou notre suivi sport et nutrition.

Sources et références

  • Organisation mondiale de la santé (2015). Guideline: sugars intake for adults and children.
  • Organisation mondiale de la santé (2023). Use of non-sugar sweeteners: WHO guideline.
  • CIRC et JECFA (2023). Aspartame hazard and risk assessment results.
  • Witkowski M. et al. (2023). The artificial sweetener erythritol and cardiovascular event risk. Nature Medicine.
  • ANSES. Étude INCA 3, apports en sucres de la population française.

Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis médical. Un diabète, une pathologie métabolique ou une grossesse nécessitent l’accompagnement d’un professionnel de santé.

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Questions fréquentes

Le miel et le sirop d'agave sont-ils meilleurs que le sucre blanc ?

Marginalement. Ils apportent des traces de minéraux et un goût plus intense, ce qui permet parfois d'en mettre moins. Mais sur le plan métabolique, ce sont des sucres. Le sirop d'agave est même très riche en fructose. Les considérer comme des aliments santé conduit souvent à en consommer davantage, ce qui annule le peu de bénéfice.

Les édulcorants sans calories font-ils maigrir ?

L'OMS a publié en 2023 une recommandation conditionnelle déconseillant les édulcorants sans sucre comme moyen de contrôler le poids, faute de bénéfice durable démontré. Remplacer une boisson sucrée par une version sans sucre reste souvent un progrès à court terme, mais ce n'est pas un levier de perte de poids en soi.

L'érythritol et le xylitol sont-ils sans risque ?

Ils élèvent peu la glycémie et sont utiles en pâtisserie. Deux réserves : ils provoquent des troubles digestifs au-delà d'une certaine dose, très variable selon les personnes, et des travaux publiés en 2023 ont associé des taux circulants élevés d'érythritol à un risque cardiovasculaire accru, sans que le lien de causalité soit établi. Un usage occasionnel en cuisine n'a rien à voir avec une consommation quotidienne élevée.

Combien de sucre peut-on manger par jour ?

L'OMS recommande de limiter les sucres libres à moins de 10 % des apports énergétiques, avec un bénéfice supplémentaire en dessous de 5 %. Pour un adulte autour de 2 000 kcal, cela représente environ 50 g, soit l'équivalent d'une canette de soda et demie. L'essentiel de ce sucre vient des produits transformés, pas du sucrier.

A.WAY · Quetigny, près de Dijon

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Andy Poiron, fondateur et coach d'A.WAY à Quetigny
Écrit par

Andy Poiron

Fondateur et coach, A.WAY Quetigny

Andy a fondé A.WAY à Quetigny en 2012, le plus ancien studio de coaching de la métropole dijonnaise. Coach sport et nutrition, il accompagne particuliers, sportifs et dirigeants vers une transformation durable, autour de quatre piliers : entraînement, nutrition, sommeil et gestion du stress.

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